Développement durable
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Le développement durable en pratique(s) : interview de Christian Brodhag

Lors de la dernière édition des avant-premières d'Enjeux, Christian Brodhag(*), directeur de recherche à l'École des Mines de Saint-Étienne, membre de la délégation française à Johannesburg (Afrique du Sud)(**), a présenté les enjeux du développement durable, de la pratique à la normalisation.

Jean-Claude Tourneur : Présentez-nous tout d'abord le site Agora 21 dont vous êtes président, qui fédère toutes les initiatives sur le développement durable.

Christian Brodhag : Président de la commission Développement durable en 1996, j'ai pu constater le déficit d'accès aux documents en langue française, d'où la faiblesse de la France et des pays francophones dans les négociations.

En 1998, nous avons ouvert le site agora21.org, puis le portail pour la préparation du Sommet de Johannesburg afin de rendre accessibles les documents existants. Enfin, nous mettons en place un système mondial d'information en français.

J.-C. T. : Il y a un fil rouge dans vos priorités : rendre accessibles les problématiques…

C. B.: Il faut concrètement faire preuve de pédagogie pour bien faire comprendre les enjeux et aider chacun à les traduire. Les objectifs globaux du développement durable sont assez faciles à comprendre. En revanche, ils sont difficiles à mettre en œuvre : on ne peut pas faire du prêt-à-porter, du prêt-à-penser.

J.-C. T. : Quels étaient les enjeux et les objectifs du Sommet de Johannesburg si on l'analyse à travers le prisme même du développement durable (économique, social et environnemental) ?

C. B.: Johannesburg est une conférence internationale qui entre dans un calendrier organisé, dix ans après Rio [Brésil]. Rio correspondait en 1992 au lancement, à travers un document fondateur, l'Agenda 21, de 2 400 propositions variées mais non contraignantes (des objectifs partagés). Les problématiques de Rio ont ensuite été déclinées dans plusieurs conférences internationales, qu'il s'agisse du sommet sur la démographie au Caire [Égypte], du sommet social à Copenhague [Danemark] ou du sommet des villes à Istanbul [Turquie]. Johannesburg intègre les décisions prises auparavant à Doha [Qatar] avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à Monterrey [Mexique] sur le financement du développement. Le développement durable s'articule aujourd'hui avec d'autres réflexions, d'autres politiques. On rejoint là la question de la gouvernance mondiale. La France défendait la mise en place d'une organisation mondiale de l'environnement : elle n'a malheureusement pas été suivie sur ce point.
À Rio ont été signées deux conventions sur la biodiversité et les changements climatiques. Johannesburg concrétise, à travers les déclarations et le programme d'action, des actions dans les domaines de l'énergie et de l'eau, des façons opérationnelles d'aborder ces problématiques. Comme l'a dit un délégué suisse, on est passé du sommet de la terre au sommet du terrain. Johannesburg marque également la présence d'acteurs autres qu'institutionnels - à savoir, outre les organisations non gouvernementales (ONG), les entreprises et les collectivités locales. En marge des actions de type 1 décidées par les États, les projets de type 2 sont portés par d'autres acteurs ; le projet de Système mondial d'information en français que nous avons proposé entre dans cette catégorie, comme le SD 21000 sur la prise en compte du développement durable dans le management des entreprises élaboré par AFNOR. Les résultats du Sommet correspondent à des engagements des États et de la société.

J.-C. T. : Est-ce du gagnant-gagnant pour la nation, les citoyens et les acteurs économiques ?

C. B.: On doit épuiser toutes les voies pour trouver du gagnant-gagnant… mais ce n'est pas toujours possible. Trois grands problèmes très peu consensuels se posent aujourd'hui au niveau international : le nucléaire, les transports (et leur contribution à l'effet de serre), l'agriculture. La France s'arc-boute pour maintenir les subventions agricoles, notamment pour les exportations, ce qui la met en situation fragile. Ces exportations font concurrence aux productions locales. La France pourrait faire la promotion au niveau international de la labellisation et vendre au niveau international des critères géographiques, des critères de qualité…

J.-C. T. : Pour certains experts, si on enlève les subventions, les pays du Sud vont supprimer les cultures vivrières, faire de la monoculture…

C. B.: Les cultures vivrières sont aujourd'hui en concurrence avec les produits agricoles que nous exportons. Les choix financiers et politiques ont amené à cette situation. Si on envisage d'autres types de solutions, encore faut-il ménager les transitions, ne pas faire émerger d'effets pervers, inverses à ceux recherchés. Il y a consensus sur les objectifs mais "dissensus" sur les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. D'où un nécessaire travail d'échanges et d'évaluation des politiques.

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J.-C. T. : Une communication des institutions européennes met l'accent sur les succès de Johannesburg pour l'Europe : eau/assainissement, protection des ressources halieutiques, biodiversité, produits chimiques. En quoi y a-t-il progrès ?

C. B.: L'eau est une des bases du développement dans les pays du Sud, lié aux avancées de l'irrigation agricole. En ce qui concerne les produits chimiques, le texte préconise des études de risques, des éléments opérationnels et concrets. Du côté de la biodiversité et des ressources halieutiques, sujets très pointus, il y a effectivement quelques avancées, mais la situation demeure inquiétante.
Il faut savoir que les négociations internationales fonctionnent selon le dispositif "viennois", c'est-à-dire que les blocs négocient globalement, Union européenne d'un côté, groupe des 77 (qui sont beaucoup plus) de l'autre. Des arbitrages s'effectuent à l'intérieur des blocs. Ainsi, le Brésil souhaitait une grande initiative sur les énergies renouvelables ; elle a été bloquée par l'Arabie saoudite. Les rapports de force internes sont très importants. D'où l'hypothèse de travail pour laquelle je milite depuis longtemps : faire jouer à la francophonie un rôle de pont afin de faire avancer un certain nombre de questions. Il y a un travail politique à mener au sein des 55 pays francophones…

J.-C. T. : Avec quelles feuilles de route sont parties la France et l'Union européenne ?

C. B.: Il y avait 65 000 personnes sur quatre sites et 90 réunions parallèles par jour ! La négociation proprement dite a lieu autour d'un texte. Des réunions préparatoires - la dernière a eu lieu à Bali [Indonésie] - permettent d'établir un préconsensus sur un certain nombre d'éléments et laissent en suspens les questions sur lesquelles porteront les négociations.
La délégation française se met d'accord, puis la concertation s'effectue au niveau européen : on s'entend sur des positions crédibles en fonction des rapports de force. L'Union européenne arbitre un certain nombre de questions "chaudes". En outre, sur certains points, vous êtes confrontés au militantisme des ONG, surtout américaines et internationales, en prise sur les négociations elles-mêmes. Les rapports de force se sont fait jour sur des questions phares, notamment les dossiers femmes et santé. Les entreprises sont montées au créneau pour défendre les femmes! Quelles que soient leurs arrière-pensées, elles ont factuellement obtenu des résultats.

J.-C. T. : À quoi ressemblait une journée de Christian Brodhag à Johannesburg ? Quelle est votre théorie de la négociation?

C. B.: Je présentais mon projet de système d'information, j'assistais à certaines réunions et je participais à la mise à jour du portail en français en temps réel. Nous souhaitions faire émerger une stratégie de négociation pour les pays francophones. J'applique d'une certaine façon les principes de la sociologie de l'innovation : il y a une différence entre une invention technique et une innovation qui se diffuse dans la société. La diffusion n'est pas liée à la seule qualité intrinsèque de la technique, mais à sa capacité à mobiliser des réseaux. Sur le plan diplomatique des initiatives politiques sont prises, mais la capacité des réseaux qui les portent à étendre leur influence, à se faire des alliés, explique que certaines deviennent majeures. Quand, par exemple, Partenaires européens pour l'environnement (EPE) initie une plate-forme sur le commerce et la diffusion des normes environnementales dans les pays du Sud, nous tentons de mobiliser les réseaux francophones pour y participer.

J.-C. T. : Quelles évolutions voyez-vous ?

C. B.: Je remarque une évolution très rapide de l'implication de la France dans ces débats, notamment les milieux économiques. Aucune entreprise française n'avait participé aux débuts de la Global Reporting Initiative, en 1997. Au contraire il y a une véritable mobilisation aujourd'hui. Le retard dans la préparation du Sommet a été compensé par une forte mobilisation, manifeste aussi sur place à Johannesburg. Il s'agit désormais de maintenir la présence des acteurs de la société française au niveau international. Nous allons essayer d'y contribuer par le système d'information en langue française. Nous sommes face à des diplomaties intégrées, qui mêlent les États, des associations (ONG), des réseaux d'entreprises ou des scientifiques…

J.-C. T. : Comment les décisions de Johannesburg se traduiront-elles pour les entreprises ?

C. B.: Dans le travail mené avec AFNOR, nous souhaitions privilégier une approche commune, utilisable par toutes les entreprises dans des champs différents. Or un sous-traitant de la mécanique en province ne se pose pas les mêmes questions qu'un vendeur de textiles fabriqués à l'Ile Maurice. Chaque entreprise est confrontée à des enjeux spécifiques.
Le développement durable consiste à traiter au même niveau stratégique des questions sociales, environnementales et économiques. Jusqu'à présent, l'entreprise se préoccupait essentiellement du marché. Désormais, elle doit envisager le moyen et le long terme. Des entreprises comme EDF ou la SNCF ont l'habitude d'une vision prospective, d'autres en revanche ont le nez sur le guidon. Il est nécessaire d'anticiper et de repérer les éléments qui, demain, pourront modifier l'activité de l'entreprise. C'est une posture intellectuelle. C'est là qu'intervient le facteur 4, c'est-à-dire l'idée que pour un même service, une même valeur ajoutée, on diminue d'un facteur 4 les besoins en énergie et en ressources à l'horizon de vingt ans, afin de doubler le niveau de vie par le service apporté et de diminuer de moitié les émissions. C'est très ambitieux. À terme, cela modifie complètement la relation de l'offre et de la demande. Pour EDF, par exemple, il s'agira d'accompagner les consommateurs dans la diminution de leur consommation d'électricité. Il faut raisonner du berceau à la tombe, sur l'ensemble du cycle de vie du produit. Cela pose un problème spécifique pour les entreprises sous-traitantes qui constituent un maillon de la chaîne. Elles ne sont pas en position de maîtriser l'ensemble de la chaîne, mais elles peuvent anticiper sur la façon dont cette chaîne évoluera… Il y des limites à l'exercice : le développement durable ne peut pas se réduire à la somme du développement durable de chacun des acteurs. Nous sommes devant des problèmes à évolution lente.

J.-C. T. : Comment structurer quelque peu les initiatives et faire en sorte qu'elles s'inscrivent dans la stratégie des acteurs économiques et institutionnels ?

C. B.: Le développement durable correspond à la convergence d'un certain nombre de mouvements. Au sein de l'ISO même, les consommateurs, le TC 207 (environnement), le TC 176 (qualité) considèrent que le développement durable constitue le prolongement de ce qu'ils faisaient jusque là, et qu'ils sont chacun légitime pour être le porteur du développement durable. Les spécialistes de l'analyse de la valeur pensent de même. Le handicap de ce triptyque économique, social et environnemental, c'est qu'en faisant un peu d'environnement, de social… on pense faire du développement durable. Bien entendu, non! Toute organisation se pose depuis longtemps des problèmes de management, d'environnement. Ce qui est nouveau, c'est l'ambition des résultats, l'intégration en amont des stratégies, les synergies à mettre en place.
On trouve dans les outils du développement durable deux voies principales. La première est celle du reporting, des indicateurs que l'on peut suivre dans les tableaux de bord. L'initiative du rapport global (GRI), lancée en 1997 par le programme des Nations unies pour l'environnement, est soutenue par la déclaration de Johannesburg. Dans le même esprit, la loi française sur les nouvelles régulations économiques impose aux entreprises de fournir des éléments en matière de développement durable. La deuxième voie, c'est la prise en compte des parties intéressées, victimes ou bénéficiaires. On rejoint là le concept "d'accountability", obligation de rendre compte. Évidemment, ça ne suffit pas en matière de développement durable. Certains acteurs ne peuvent pas être autour de la table : les générations futures, les autres espèces vivantes… Il s'agit d'identifier les enjeux qui dépassent les parties intéressées. Dans une problématique de long terme, des signaux faibles en provenance d'acteurs faibles sont importants pour l'avenir.

J.-C. T. : Comment intègre-t-on ces parties intéressées ? Vous faites vous-même partie d'un certain nombre de panels. Quelle est la légitimité du panéliste ?

C. B.: Nous ne sommes pas dans un système parfait, représentatif. La légitimité des associations est liée à leur capacité de mobilisation, leur technicité, leurs compétences, ce qui s'acquiert sur la durée. On observe une inquiétante multiplication des panels. Nul ne peut être panéliste professionnel : c'est une activité de bénévole. Néanmoins, pour mettre en place de nouvelles régulations, il faut que le tissu économique, associatif, réponde présent. Des problèmes financiers empêchent parfois les associations de faire face aux responsabilités qui sont les leurs.

J.-C. T. : Le rapport environnement est un des outils qui se développe. Comment les entreprises peuvent-elles l'aborder ?

C. B.: Il faut être progressif. Pour les entreprises concernées par les nouvelles régulations économiques, les éléments sont fixés. Pour les entreprises non soumises à ce reporting, il est important d'être stratégique. C'est un exercice à double vocation, interne et externe. Un bon reporting est fiable s'il articule l'information dans l'entreprise et la communication externe auprès des parties intéressées. Il faut identifier les enjeux, les hiérarchiser, choisir les plus significatifs et mettre en place le reporting et la mesure sur ce noyau-là. Il existe déjà énormément d'outils, qu'il faut mobiliser en priorité.

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J.-C. T. : Faut-il certifier le développement durable? Certaines entreprises se demandent pourquoi passer par les certifications ISO 9000, ISO 14000, EMAS et management de la sécurité et ne pas avoir un seul système...

C. B.: Je suis assez sceptique sur l'existence d'un seul système. En revanche, il me paraît pertinent qu'un processus global permette à l'entreprise d'identifier les enjeux et les parties intéressées. Pour une entreprise qui importe du textile, les problèmes de normalisation sociale sont fondamentaux. Mais les impacts environnementaux ne nécessiteront peut-être pas une certification ISO 14000… En fonction de sa stratégie, l'entreprise va mobiliser tel ou tel outil. Il importe alors que ces outils soient cohérents entre eux. Il est important de normaliser la procédure, pas de la certifier pour l'instant. L'entreprise peut utiliser des référentiels métier élaborés par des organisations professionnelles (comme le référentiel ciments établi par Lafarge), et les croiser avec les enjeux liés au territoire - on retrouve là l'interface avec les collectivités locales. Les entreprises peuvent jouer un rôle moteur dans l'élaboration des agendas 21 locaux.

J.-C. T. : Comment voyez-vous l'organisation du développement durable dans l'entreprise aujourd'hui ?

C. B.: La stratégie Développement durable ne se délègue pas; elle est intrinsèquement liée à la direction d'entreprise. Bien entendu, la mise en œuvre concrète doit être ventilée, gérée de façon opérationnelle. Le développement durable peut passer par une animation transversale. On retrouve la problématique de l'environnement ; c'est le même type de culture.

J.-C. T. : Le WWF promeut le concept "d'empreinte écologique", qui compléterait le PNB. Qu'est-ce ? Quelles sont les métadonnées disponibles ?

C. B.: L'empreinte écologique n'est pas un PNB vert. Elle présente l'intérêt de traduire en territoires occupés un certain nombre de consommations, de matières, d'énergies. Elle est pertinente pour un certain nombre de productions et montre que globalement la production hors sol n'est pas une production hors sol, mais une production qui mobilise du sol ailleurs. Ces comptabilités sont intéressantes quant à la durabilité d'un système économique qui induit des impacts sur d'autres territoires. L'empreinte écologique est un bon indicateur. Elle a ses faiblesses mais donne des orientations.
Comment les acteurs peuvent-ils calculer leur empreinte écologique ? Se pose le problème des métadonnées, des données pour l'analyse du cycle de vie. Elles doivent être valides, publiques, accessibles. Il y a aujourd'hui des batailles entre bases de données, monopoles d'informations... Or l'information doit faire partie des biens publics. La mise à disposition et la diffusion d'informations pour les acteurs est un rôle fondamental pour un État moderne.

J.-C. T. : Dans quel contexte le guide SD 21000** est-il né, et avec qui ?

C. B.: Le groupe qui a élaboré ce document rassemble des représentants des pouvoirs publics, des entreprises (PME comprises), des associations, des syndicats, des cabinets de conseil, ce qui a permis de produire un texte faisant consensus et d'avoir des avocats dans les différents réseaux. Élément nouveau et original, le texte validé, accompagné d'un questionnaire, a été soumis à un large débat public via le site AFNOR. Ses initiales renvoient au "Sustainable development", et 21 est le chiffre fétiche du développement durable…

J.-C. T. : Quelle est sa structure? Comment une entreprise peut-elle l'employer ?

C. B.: Le guide comporte deux parties. La première vise à sensibiliser les entreprises. La seconde porte sur la mise en place d'un référentiel; elle est largement inspirée de la norme Iso 9004. Beaucoup d'entreprises ont déjà adopté ce mode de fonctionnement, elles sont en terrain connu et n'ont que quelques éléments à ajouter… Le document peut aussi être abordé par des sociétés qui ne connaissent pas l'IISO 9004. Il a été conçu pour être progressif. Toute entreprise peut identifier quelques enjeux et les enrichir à chaque boucle d'amélioration continue.

J.-C. T. : Des projets d'expérimentation sont en cours...

C. B.: Un certain nombre de régions se sont effectivement déclaré intéressées : Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais. De grands groupes ont également fait part de leur intérêt. Cette phase de tests et de retours d'expérience permettra de lisser le texte.

J.-C. T. : Quels développements peut-on attendre ensuite ?

C. B.: Il y a trois types de développement possibles : le développement opérationnel - polir le document et l'enrichir ; le développement international, qui se situe dans l'axe des réflexions Nord/Sud et pourra mobiliser les réseaux francophones ; et, troisième voie, l'interface avec les collectivités locales. Les enjeux identifiés dans les agendas 21 doivent être des points d'entrée pour les entreprises d'un territoire. Le groupe de travail a choisi de parler d'entreprises, pas d'organisations, mais le document n'a pas besoin d'être profondément modifié pour être intégré dans un processus de type Agenda 21 local.

J.-C. T. : On peut reprocher au développement durable d'utiliser des concepts anglo-saxons (panels, reporting, parties intéressées). Y a-t-il une "french touch" ?

C. B.: Nous avons effectivement repris des éléments dont on peut considérer qu'ils sont d'origine anglo-saxonne, mais nous avons raisonné de façon universelle. Le document peut résister à d'autres contextes. Il doit maintenant sortir du laboratoire et affronter le terrain.

J.-C. T. : Outre les postures mentales que vous avez évoquées, un autre sujet vous est cher : la dématérialisation.

C. B.: La dématérialisation consiste, à travers la création d'un objet, à utiliser moins de matière et d'énergie pour un service maximum. Cela signifie augmenter l'efficacité, réfléchir sur l'écodesign et considérer l'ensemble du cycle de vie du produit, voire glisser du produit au service. Ce n'est pas une logique de production, mais d'utilisation. À ce propos, comment les entreprises transfèrent-elles les informations aux consommateurs afin que ceux-ci soient mieux éclairés sur le choix et la façon d'utiliser les produits ? À Johannesburg a émergé tout un chapitre "mode de production - mode de consommation". C'est dans cette relation que l'on pourra aller vers le développement durable.

Propos recueillis par Marie-Claire Barthet


(*) cf. Enjeux n° 224, Hommes et normes.
(**) Lors du Sommet mondial pour le développement durable.
** Prise en compte des enjeux du développement durable dans la stratégie et le management des entreprises.

Source : Enjeux n° 230 - décembre 2002/janvier 2003

 

L'Agenda 21

L'Agenda 21 est un programme d'actions pour le XXIe siècle, mis en œuvre, dans le cadre de l'Organisation des nations unies (ONU), suite au Sommet de Rio de Janeiro en 1992.

Il s'agit d'un programme global d'actions à mettre en œuvre par les gouvernements, les institutions du développement, les organismes des Nations unies et les groupes des secteurs indépendants, dans tous les domaines où l'activité humaine affecte l'environnement.

Ses quarante chapitres analysent la situation, exposent des stratégies et formulent près de deux mille cinq cents recommandations et solutions : ils décrivent les moyens nécessaires, notamment financiers et institutionnels, pour atteindre quatre objectifs principaux : réduction de l'utilisation inutile des ressources naturelles ; lutte contre la pauvreté ; protection de l'atmosphère, des océans, de la faune et de la flore ; mise en place de pratiques durables d'agriculture pour nourrir la population toujours croissante du monde.

Bon nombre de gouvernements ont pris et continuent à prendre des mesures concrètes suite aux propositions de l'Agenda 21 et des progrès significatifs, notamment dans les domaines de la pollution atmosphérique et des produits chimiques, ont déjà été accomplis. Dans d'autres domaines, comme l'énergie, l'agriculture ou les ressources en eau, peu a été mis en œuvre pour l'application des recommandations de l'Agenda 21.

L'Agenda 21 est plus que jamais d'actualité. Les gouvernements ont convenu de ne pas le renégocier lors du Sommet de Johannesburg (Afrique du Sud).

J.-C. T.

 

Développement durable

L'Agenda 21

L'Agenda 21 est un programme d'actions pour le XXIe siècle, mis en œuvre, dans le cadre de l'Organisation des nations unies (ONU), suite au Sommet de Rio de Janeiro en 1992.

Il s'agit d'un programme global d'actions à mettre en œuvre par les gouvernements, les institutions du développement, les organismes des Nations unies et les groupes des secteurs indépendants, dans tous les domaines où l'activité humaine affecte l'environnement.

Ses quarante chapitres analysent la situation, exposent des stratégies et formulent près de deux mille cinq cents recommandations et solutions : ils décrivent les moyens nécessaires, notamment financiers et institutionnels, pour atteindre :

quatre objectifs principaux :

-         réduction de l'utilisation inutile des ressources naturelles ;

-         lutte contre la pauvreté ;

-         protection de l'atmosphère, des océans, de la faune et de la flore ;

-         mise en place de pratiques durables d'agriculture pour nourrir la population toujours croissante du monde.

Bon nombre de gouvernements ont pris et continuent à prendre des mesures concrètes suite aux propositions de l'Agenda 21 et des progrès significatifs, notamment dans les domaines de la pollution atmosphérique et des produits chimiques, ont déjà été accomplis.

Dans d'autres domaines, comme l'énergie, l'agriculture ou les ressources en eau, peu a été mis en œuvre pour l'application des recommandations de l'Agenda 21.

L'Agenda 21 est plus que jamais d'actualité. Les gouvernements ont convenu de ne pas le renégocier lors du Sommet de Johannesburg (Afrique du Sud).

 

L'Association  française  de normalisation (Afnor) vient de mettre en ligne un  nouveau  site  internet  entièrement consacré au développement durable, Afnor  SD  21000. Ce site, qui s'adresse essentiellement aux entreprises et aux  institutionnels,  a  pour  but  de les tenir informés des activités de normalisation et de certification dans le domaine du développement durable.

Doté  d'un  moteur  de recherche, il permet en outre d'avoir accès à toutes les  informations  relatives  à  ce  thème  disponibles  sur  le portail de l'Afnor.
http://www.afnor.fr/sd.asp

Source : AFNOR

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De même pour plus d'infos sur le Développement durable., allez sur le site de Arcelor. ttp://www.arcelor.com/index.php?page=19