RAOUL GIRET

 

Ancien Elève de l’Ecole Normale Supérieure (1940 Sciences Expérimentales).

Géologue au CEA (1946-1948) – chef-géologue de la mission de Madagascar.

Directeur du Bureau Minier de la France d’Outremer à Madagascar (BUMIFOM) (1948-1951) puis Chef-Géologue de l’ensemble de cet organisme.

Directeur de la Société Aérienne de Recherches Minières – SARM - (Géophysique aéroportée – magnétisme et radioactivité) travaillant sur l’ensemble de l’Union Française (1953-1961)

La Compagnie Générale de Géophysique (CGG) ayant repris la SARM, j’ai occupé différents postes de direction dans la CCG de 1961 à 1986. Ces postes m’ont conduit à faire de très nombreux voyages dans le monde entier à des fins commerciales et pour superviser des équipes de prospection géophysique. J’ai lancé et suivi l’activité de CGG aux Etats Unis et au Canada pendant 20 ans et assuré les relations avec le Japon pendant une dizaine d’années.

Tout au long de ma carrière dans cette activité de prospection j’ai apprécié l’esprit d’équipe qui régnait, particulièrement sur le terrain.

 

J’ai découvert Teilhard en 1950. Etant géologue, l’évolution était pour moi une  réalité scientifique alors que mon adjoint administratif, ancien séminariste d’avant-guerre, la considérait comme une hérésie. En 1950, notre lecture de l’encyclique Humani generis  fut radicalement différente. Mon ami y voyait un rejet clair de l’évolution par l’Eglise alors que je soulignais que les dernières phrases ménageaient une petite ouverture. J’en parlais à la prieure du Monastère des Bénédictines Missionnaires d’Ambositra au cours d’un déplacement dans l’île. Elle me donna un texte ronéotypé de Teilhard qu’elle tenait de sa famille. Sa lecture m’a permis de dire à mon ami : «  j’ai découvert un jésuite, géologue, qui croit à l’évolution et qui n’est pas hérétique. Donc je ne suis pas hérétique ! »

J’ai lu les livres de Teilhard publiés à partir de 1955 mais je n’ai vraiment approfondi sa pensée qu’à partir de ma retraite en 1986.

 Raoul GIRET est Président de l’Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin et auteur de « Teilhard aujourd’hui », Aubin éditeur, 1996, collection « Sciences et spiritualité, Epistémologie ». 

   

 

Résumé de la conférence de Raoul Giret le 29 octobre 2002

 

La Mondialisation est généralement perçue comme une ouverture des frontières de l’économie et des finances à l’échelle planétaire entraînant une lutte sans merci au profit des plus riches, écrasant les plus faibles, collectivement et individuellement.

Conséquence du développement des moyens de communication entraînant un accroissement très rapide du rayon d’information de chaque être humain par la radio et la télévision. Processus inexorable qui élargit l’horizon de chacun et peut lui ouvrir une conscience régionale ou planétaire, mais peut être source de frustration suscitant des flux migratoires difficilement acceptés par les pays riches.

Que propose Teilhard de Chardin ? La Planétisation, ainsi nomme-t-il la Mondialisation, est la conséquence de la convergence de l’Humanité qu’il appelle de tous ses vœux puisqu’il affirme que l’Humanité prenant conscience de l’Evolution en devient responsable ! Nous entrons, écrit-il, dans l’Ultra-Humain, phase de convergence volontaire de l’Humanité. Cette responsabilité implique des choix, lesquels ?

La vision de Teilhard est fondée sur deux piliers : l’Evolution et l’Homme.

L’Evolution est une histoire, celle de la montée de la complexité par des synthèses successives. Le Pas de la Vie et le Pas de la Pensée sont des discontinuités majeures ; le  second est associé à l’apparition de l’Homme, au sommet de la complexité.

Les singularités de l’Homme se manifestent dans son comportement. Alors que les êtres vivants sont fondés sur une mémoire propre, la mémoire génétique, avec l’Homme apparaît une nouvelle mémoire : la mémoire culturelle sociale nourrie par la créativité de tous les hommes et transmise par la parole et l’éducation. Les êtres humains sont des Personnes capables d’amour, libres, astreintes au choix, choix qui les rend responsables. Les relations interpersonnelles les font vivre et grandir, elles font progresser la personnalisation.

Les hommes, biologiquement insérés dans la Biosphère, l’enveloppe vivante de notre planète minérale, participent à ses équilibres tandis que leurs consciences de personnes humaines s’unissent dans la Noosphère, « la sphère des esprits, des âmes » qui enveloppe la Biosphère. La relation entre Biosphère et Noosphère se développe dans l’Humanité, ensemble d’êtres de chair et d’esprit. L’Evolution biologique a conduit à l’équilibre global de la Biosphère, l’Evolution culturelle sociale humaine doit conduire à l’équilibre noosphérique de l’Humanité perçue comme un ensemble global.

Seules les personnes humaines, intersections de la Biosphère et de la Noosphère, peuvent rechercher volontairement les structures et les équilibres qu’elles appellent de leur intelligence et de leur cœur. La Personne humaine possède les moteurs nécessaires pour poursuivre l'Evolution dans sa phase culturelle sociale :

·         sa créativité personnelle pour imaginer et réaliser de nouvelles structures sociales,

·         sa capacité d'aimer lui offrant le ciment pour stabiliser ces structures,

·         son désir d'absolu qui peut soutenir son effort.

Ils sont en elle et elle seule peut les mettre en œuvre. Nécessaires à la poursuite de l'Evolution, la Personne humaine en est responsable. C’est le projet que Teilhard propose aux femmes et aux hommes pour que la Planétisation conduise à une Humanité où tout être humain puisse s’épanouir, devenir plus humain  dans la société de demain.

                                                                                                    

Raoul GIRET

2bis, rue Servien

92190 Meudon

Tél. : 01 45 34 29 19

E-mail : raoul.giret@teilhard.asso.fr