PROGRAMME DU COLLOQUE

17 h 00 – 17 h 05

Ouverture de la soirée

Jean Blachère et Didier Cavard (respectivement président et secrétaire d’IQGARHO)

17 h 05 – 17 h 20

Ouvertures des thèmes et enjeux énergétiques

Adolphe Nicolas

17 h 20 – 17 h 50

Le changement climatique en France

David Salas y Mélia

17 h 50 – 18 h 05

L’adaptation au changement climatique

Michel Damian (excusé, texte lu par Didier Cavard)

18 h 05 – 18 h 35

Changement climatique et santé

Jean-François Guégan

 

18 h 35 – 19 h 00

Pause : buvette, librairie

 

19 h 05 – 19 h 30

Evolution des risques côtiers sur le littoral du Languedoc-Roussillon et changement climatique

Yann Balouin

19 h 30 – 20 h 00

Changement global et ressources en eau en contexte méditerranéen

Yvan Caballero

20 h 00 – 20 h 30

Impacts du changement climatique sur l’agriculture, la forêt et les écosystèmes

Bernard Seguin

20 h 30 – 20 h 50

Table ronde et débat avec la salle

20 h 50 – 21 h 00

Conclusion et clôture

Adolphe Nicolas, Didier Cavard, Jean Blachère

 

Présentation des conférenciers et de leurs interventions (résumé en fin de page):

 

Adolphe NICOLAS

 

Adolphe Nicolas est actuellement professeur émérite à l’Université de Montpellier 2. Professeur à 32 ans, il y fonde le laboratoire de Tectonophysique, puis devient directeur de l’institut des Sciences de la terre, de l’eau et de l’espace de Montpellier, fonctions qu’il quitte pour devenir, de 2000 à 2004, le conseiller au Ministère de la recherche en charge du secteur des Sciences de l’univers, de la terre et de l’environnement.

Physicien et géologue de formation, sa carrière scientifique a porté sur la plasticité du manteau supérieur et la géodynamique des dorsales océaniques, carrière ponctuée parenviron 250 publications, plusieurs traités et de nombreux prix scientifiques nationaux et internationaux, les derniers étant la médaille Hess de l’American Geophysical Union en 2004 et un Grand Prix de l’Académie des Sciences en 2005. Il est, par ailleurs, chevalier de la Légion d’honneur et officier des Palmes académiques.

A l’issue de son passage au ministère, et à l’orée de sa retraite, il a publié un livre « 2050, Rendez-vous à risques » (Belin éd., 2004), qui est une synthèse des diverses interactions de l’homme avec son environnement et des projections qu’elles autorisent à cette échéance. Un nouvel essai (Futur empoisonné - quels défis, quels remèdes) est centré sur le devenir du gaz carbonique atmosphérique, ses menaces et les parades possibles, dans le cadre d’une réflexion sur l’énergie du futur. Il est sorti de presse en février 2007, chez le même éditeur. Contact : adolphe.nicolas@gm.univ-montp2.fr

Diapositives de l'intervention d'A.Nicolas (format pdf) Ici

 

David SALAS Y MELIA

 

Ingénieur des Ponts et Chaussées, chercheur à Météo-France, ancien élève de l’École polytechnique, D. Salas a reçu une formation d'ingénieur-élève de la météorologie à l’École Nationale de la Météorologie (université Paul Sabatier de Toulouse). . Au Centre national de recherches météorologiques de Météo-France à Toulouse, il a effectué une thèse en physique de l’océan et de l’atmosphère sur le sujet « Développement et validation d’un modèle couplé océan-glace de mer pour l‘étude du climat des hautes latitudes. »

Ses domaines de compétence :

·               Modélisation de la banquise, étude des couplages climatiques dans les hautes latitudes (interactions de la glace de mer avec l’océan et l’atmosphère), variabilité de la circulation thermohaline.

·               Changement climatique à l’échelle globale et régionale (hautes latitudes), développement du système climatique couplé global de Météo-France « système-terre ». Étude des couplages des différentes composantes du système climatique global.

·               Enseignant (changement climatique) : formation permanente de Météo-France et élèves-ingénieurs des travaux de la météorologie (concours professionnel).  

  

Responsabilités professionnelles actuelles :

·               Depuis 2007 : membre du “Cercle polaire” (IPEV - Commission Nationale Française pour l’UNESCO), participation au projet ANR VULCAIN (Vulnerability of Hydrosystems to Combined Effect of Climate Changes and Human Activities In Mediterranean Area).

·               Depuis 2006 : participation au projet LEFE/MISSTERRE (Modélisation intégrée du système-Terre), participation au projet national LEFE/CASTOR (modélisation de l’impact climatique des calottes glaciaires), membre du Conseil des programmes scientifiques et technologiques de l’IPEV (Institut Paul-Emile Victor, Brest), membre du Conseil scientifique du calcul centralisé du CEA, membre du comité éditorial de la revue « La Météorologie ».

·               2006 : coordinateur (avec C. Genthon, LGGE) du thème « régions polaires » du livre blanc du projet national ESCRIME (Étude des simulations climatiques réalisées à l’institut Pierre-Simon Laplace et à Météo-France).

·               Depuis 2004 : membre de la commission d'évaluation de la recherche à Météo-France, contribution à la mise en place de la version paléo-climatique (dernier maximum glaciaire) de CNRM-CM3, en collaboration avec le CEA/LSCE (laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement.)

·               Depuis 2003 : responsable du suivi scientifique des évolutions du modèle couplé global de Météo-France. Organisation de la contribution de Météo-France à la nouvelle base de données issues de simulations climatiques du GIEC (Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.)

Coordonnées :

Météo-France, CNRM/GMGEC                                                 Tél. 05.61.07.96.65

42 avenue G. Coriolis                                                              Fax 05.61.07.96.10

31057 Toulouse, France                                                          david.salas@meteo.fr

 Présentation de son intervention : Le changement climatique en France   Diapositives correspondantes (format pdf) Ici

 Dès 1896, le suédois Svante Arrhenius quantifia l’influence de l’augmentation du taux atmosphérique de gaz carbonique (CO2), liée à la combustion du charbon, sur le réchauffement de la surface terrestre. Depuis, de nombreuses mesures mais aussi la modélisation ont confirmé ce lien et permis d’en préciser les conséquences. La température moyenne de la planète s'est élevée de 0,6° à 0,9°C au cours des cent dernières années, et la concentration atmosphérique des gaz à effet de serre a considérablement augmenté depuis 200 ans, du fait des activités humaines. En France, le réchauffement est déjà perceptible, particulièrement dans une grande moitié sud (environ 1°C de réchauffement de 1901 à 2000). Certes, la température du globe et la composition de l'atmosphère ont toujours varié, mais l’essentiel du réchauffement constaté depuis le milieu du XXe siècle est très vraisemblablement dû aux gaz à effet de serre d’origine humaine.

Les modèles numériques complètent les observations et permettent de mieux comprendre les évolutions climatiques en cours. Capables de reproduire les climats du passé et les évolutions climatiques récentes, ils sont également utilisés pour établir les projections du climat futur. Il ne fait désormais plus de doute que le climat de la planète continuera à se réchauffer au cours du 21ème siècle. Il est très probable que les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse seront plus fréquentes qu'actuellement dans le sud de la France.

Mais l'ampleur du réchauffement projeté pour 2100 reste incertaine, à cause de la grande variété des modèles utilisés, mais aussi de l’ignorance du niveau futur des émissions de gaz à effet de serre, qui dépend fortement de la démographie, des sources d'énergie utilisées, et de l'organisation économique.

 

Michel DAMIAN

 

Michel Damian, professeur à l'Université Pierre-Mendès-France de Grenoble, est chercheur associé au LEPII.

Ses publications et travaux récents portent sur le commerce international et le développement soutenable, l'économie de l'environnement et l'économie écologique, la gouvernance internationale, l'économie du changement climatique.

Il a travaillé sur l'économie de l'énergie nucléaire.

Michel Damian enseigne l'économie de l'environnement et du développement soutenable à la Faculté des sciences économiques de Grenoble. Il enseigne également à l'Institut d'étude du développement économique et social (IEDES).

Tél 33 (0)4 56 52 85 82, fax 33 (0)4 56 52 85 71
Michel.Damian@upmf-grenoble.fr
LEPII-EREN - BP 47 - 38040 Grenoble cedex 9 – France

 Présentation de son intervention : L’adaptation au changement climatique      Texte complet (format pdf) Ici

Les réponses au changement climatique ont négligé les enjeux relatifs à l’adaptation : il y a eu un biais de la politique climatique à l’encontre de l’adaptation au cours de la dernière décennie, sinon depuis l’origine des négociations. Cette position n’est plus tenable une fois admise l’inéluctabilité du réchauffement.

En France, la thématique de l’adaptation a été jusqu’à présent trop discrète, du moins dans les travaux économiques et à orientation écologique : le terme « adaptation » ne figure pas dans le rapport du Conseil d’analyse économique sur L’économie de l’effet de serre dirigé par Roger Guesnerie (2002), ni dans le Pacte écologique de Nicolas Hulot (2006).

Puisque le changement climatique est inévitable, il faut le dire, en débattre largement, s’y préparer. Reconnaître l’effet quasiment indiscernable de Kyoto à terme, l’impossibilité des politiques post-Kyoto – même les plus volontaristes – à empêcher le changement climatique et donc la nécessité de l’adaptation, c’est certainement un choc narcissique.

C’est même le signal le plus fort qui puisse être donné pour crédibiliser, mieux faire accepter, l’indispensable renforcement des politiques d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

 

Jean-François GUÉGAN

 

Directeur de Recherche à l'IRD (Institut de recherche sur le développement), UMR 2724 (Génétique & évolution des maladies infectieuses) à Montpellier, membre du Haut conseil de la santé publique, professeur associé à l'École des hautes études en santé publique, il a reçu une formation en Sciences de la vie, biostatistiques et  écologie (doctorat).

Expert internationalement reconnu en épidémiologie écologique, biostatistiques, dynamique de populations, écosystèmes, diversité biologique, évolution et santé, il compte à son actif 103 publications, il a animé plus de 10 ateliers dans des congrès, y compris internationaux, et participé au Grenelle de l’environnement. Il est arbitre pour plus de 20 revues.

Programmes de recherche (entre autres):

·         Programme Choléra, Méditerranée (extension envisagée au Bénin.)

·         Programme Fièvre Q (Guyane Française.)

·         Programme Coqueluche-rougeole (Sénégal) en collaboration avec F. Simondon.

Enseignements principaux :

·         DEA "Biologie, écologie, évolution" (Montpellier 2.)

·         DEA "Infectiologie-vaccinologie" (Tours 1.)

·         DEA "Géographie de la santé" (Paris 10.)

·         Prise en charge d'un module de Mastère "Biologie, agroressources, environnement (BAE)" en épidé-miologie intégrative à Montpellier.

Autres activités (liste non exhaustive) :

·         Forte collaboration à « Sciences de la Vie-Sciences de l'Univers ».

·         Membre de l'ATC Environnement-Santé de l'INSERM.

·         Membre de l'Institut français de la biodiversité, en charge des interactions Diversité biologique-santé.

·         Membre du conseil de l'Earth Science System Partnership (Nations-Unies) sur les problèmes « Global Environmental Changes and Human. »

Coordonnées :

IRD, 911 avenue Agropolis, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5

Tel: (33) 4 67 41 62 05, fax: (33) 4 67 41 62 99, courriel guegan@mpl.ird.fr

Site Internet : http://gemi.mpl.ird.fr/cepm/edbs/fr/index.html

 

Présentation de son intervention :   Changement climatique et santé     Diapositives correspondantes (format pdf) Ici

Parmi les impacts possibles ou attendus du changement climatique, ceux concernant la santé humaine, animale et végétale sont parmi les plus inquiétants. La littérature  scientifique et les médias audio-visuels abondent d'articles sur le sujet, et pour la plupart d'entre eux les scénarii sont toujours assez catastrophistes, montrant des expansions de maladies infectieuses à vecteurs (moustiques, tiques etc...) ainsi que de nouvelles maladies émergées.

Dans son intervention, JF Guégan fera le point sur la situation actuelle, en précisant ce qui est clairement démontré d'un point de vue scientifique.

Il expliquera pourquoi et comment les impacts sanitaires du changement climatique ont pris autant d'importance dans les médias. Il illustrera à l'aide d'exemples quels sont les véritables déterminants et facteurs responsables de l'émergence d'agents pathogènes et de la distribution de maladies à forte composante environnementale, comme les maladies à vecteurs.

 

Yann BALOUIN

 

Docteur en océanographie et géologie marine, diplômé des universités de Poitiers, Barcelone, Perpignan, Bordeaux 1 et Ferrare.

A travaillé à l’IFREMER puis au BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières), où il est actuellement Ingénieur littoral au Service géologique régional du Languedoc-Roussillon.

Coordonnées :   BRGM  

                         1039, rue de Pinville
                         34000 Montpellier
                             tél : 04 67 15 79 72, fax : 04 67 64 58 51, courriel y.balouin@brgm.fr

                                                             

Présentation de son intervention :  Evolution des risques côtiers sur le littoral du Languedoc-Roussillon induite par le changement climatique

                                    Diapositives correspondantes (format pdf) Ici

 Les zones côtières européennes ont connu un développement intensif car les habitants et les touristes ont été attirés vers les côtes pour des raisons stratégiques, économiques et de loisirs. La plupart des communautés côtières sont vulnérables à divers aléas tels que l’érosion, l’inondation et l’instabilité des pentes. Les conséquences du changement climatique vont exercer une pression croissante sur ces communautés qui ne cessent de s’agrandir. Une exposition accrue aux aléas naturels due aux effets du changement climatique et une population en augmentation constante entraînent inévitablement des risques accrus si des mesures de gestion durable des risques côtiers ne sont pas mises en œuvre.

Les zones côtières constituent un environnement dynamique sujet aux influences des processus côtiers (ex. énergie des vagues et transport des sédiments) et aux événements météorologiques (ex. tempêtes). Des facteurs de forçage à long terme, tels que les changements spectaculaires dans le niveau de la mer, ont façonnés les zones côtières au cours des 30 000 dernières années. Cela a influencé la nature et la gravité de l’érosion côtière, qui est l’un des principaux facteurs de la modification du paysage côtier.

Le GIEC prévoit que les impacts du changement climatique se traduiront par une montée du niveau de la mer, des pluies hivernales plus abondantes et des orages plus violents et plus fréquents, constituant une menace croissante pour de nombreuses communautés côtières déjà affectées par l’érosion, les inondations et l’instabilité du littoral, et un défi croissant pour les collectivités locales et régionales responsables de la lutte contre les risques résultants.

Les coûts associés aux changements climatiques et aux aléas naturels plus importants, qui peuvent être économiques, sociaux ou écologiques, présenteront une charge accrue pour les collectivités responsables et les administrations gouvernementales.

Dans ce contexte, le projet européen Life-Environment RESPONSE avait pour objectif d’améliorer la compréhension et l’anticipation des impacts dus changement climatique à proximité des côtes européennes, en analysant l’évolution des risques côtiers à l’échéance 2100. Une méthodologie d’évaluation des aléas et des risques côtiers a été développée et mise en œuvre sur 5 zones d’études européennes, dont le Languedoc-Roussillon. Les scénarios de changement climatique global ont été adaptés à l’échelle régionale afin d’évaluer et de cartographier l’évolution des risques côtiers due au changement climatique.

Dans le cadre du colloque sur le réchauffement climatique en France méditerranéenne, cette présentation se propose de faire le point sur les aléas et les risques côtier, et leur évolution future due au changement climatique au travers de l’exemple du littoral du Languedoc-Roussillon.

Pour en savoir plus sur le projet RESPONSE :

http://www.coastalwight.gov.uk/RESPONSE_webpages/r_fr_theproject.htm

 

Yvan CABALLERO

 

Titulaire d’un DEA en Sciences de l’eau dans l’environnement continental, il a obtenu un doctorat à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) à La Paz (Bolivie) et Montpellier.

Après un post-doctorat au Centre national de recherches en météorologie (CNRM) à Météo-France (Toulouse), il entre au BRGM comme hydrologue et hydrogéologue régional aux Services géologiques régionaux de Corse puis du Languedoc-Roussillon.

Il coordonne actuellement un projet de recherche concernant l’impact du changement global sur la ressource en eau en contexte méditerranéen.  Ses publications récentes portent sur l’hydrologie et les interactions de surface en haute altitude en zone tropicale et sur la sensibilité hydrologique du bassin Adour-Garonne au changement climatique.

 

Présentation de son intervention :   Changement global et ressources en eau en contexte méditerranéen

                                    Diapositives correspondantes (format pdf) Ici

Il est probable que le changement climatique se traduise, pour les régions méditerranéennes, par des étés plus chauds et plus secs, des hivers plus doux, ainsi que par des saisons des pluies plus courtes (automne-hiver) conjuguées avec des précipitations plus importantes. Concernant les événements extrêmes (intensité des précipitations et des sécheresses), les incertitudes demeurent importantes, même si des sécheresses plus sévères sont attendues.

Relativement peu d’études traitent de l’impact des changements climatiques sur la ressource en eau sur le territoire national. Il est cependant probable que la concentration des précipitations sur des périodes plus courtes contribuera à augmenter le ruissellement hivernal au détriment de la recharge des nappes phréatiques. De même, du fait de la réduction des pluies printanières et d’une fonte des neiges plus rapide, les phénomènes d’étiages sévères pourraient apparaître plus précocement. Cependant, même si la diminution de la saison des pluies pourrait se traduire par une diminution de la recharge et donc de la ressource disponible, l’inertie des aquifères peut tout de même contribuer à modérer les impacts sur les étiages des eaux de surface. Les nappes alluviales situées à l’aval de la plupart des bassins versants, qui dépendent fortement des débits des cours d’eau, risquent d’être tout de même sérieusement contraintes par la réduction des débits.

Parallèlement au changement climatique décrit, d’autres forces de changement de nature socio-économique risquent d’entraîner des déséquilibres majeurs entre ressources disponibles et besoins en eau, à relativement court terme. Les tendances démographiques, la préférence pour l’habitat individuel et plus généralement les modes de consommation d’eau conduisent en effet à une hausse tendancielle des prélèvements. Pour y faire face, les collectivités territoriales et les gestionnaires des services publics devront collectivement mettre en œuvre une combinaison d’actions relevant de la gestion de l’offre (mobilisation de nouvelles ressources) et de la gestion de la demande (promotion de comportements économes en eau).

Une question importante consiste donc à étudier comment ces deux types de changement vont se conjuguer dans le futur dans notre région. Les travaux coordonnés par le BRGM dans le cadre du projet « Vulcain » (financement ANR, 2006) sur le département des Pyrénées Orientales, devraient permettre d’apporter quelques éléments de réponse.

 

Bernard SEGUIN

 

Ingénieur agronome, docteur en mécanique des fluides, il a dirigé l’unité de bioclimatologie d’Avignon, puis l’unité Agroclim, avant de prendre la responsabilité de la mission Changement climatique et effet de serre de l’INRA (MICCESS) qui a pour vocation des recherches dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement et coordonne les travaux de l’Institut dans les domaines du changement climatique et de l’effet de serre (cf www.inra.fr/changement_climatique.)

Ses travaux de recherche portent sur les domaines de la micrométéorologie, de la climatologie et de la télédétection appliqués  à l’agriculture et à la biosphère continentale.  

Dans le domaine du changement climatique, Bernard Seguin est membre du conseil d’orientation de l’ONERC (Observatoire national des effets du réchauffement climatique) et de comités scientifiques (GICC, ANR-ADD et VMC). Il participe à deux actions COST sur le sujet au niveau européen. Il contribue aux travaux du GIEC/IPCC (GT II sur les impacts) et de la Commission de météorologie agricole de l’OMM (groupe de travail sur les impacts du changement climatique). Contact : bernard.seguin@avignon.inra.fr                                           

Présentation de son intervention :   Impacts du changement climatique sur l’agriculture, la forêt et les écosystèmes

                                                                            Diapositives correspondantes (format pdf) Ici

L’exposé sera introduit par un rappel sur l’effet de serre additionnel résultant de l’activité anthropique et des conséquences attendues sur le climat, illustrées par les scénarios récents sur l’Europe pour la fin du siècle pour la température et la pluviométrie.

Ils permettront de brosser un tour d’horizon des impacts prévisibles sur différentes productions (grandes cultures, prairie/élevage, arbres fruitiers et vigne, forêt), en en donnant les grandes lignes (effet fertilisant du CO2, raccourcissement des cycles, amélioration de l’efficience de l’eau…) et en rappelant les points importants encore peu renseignés (en particulier au niveau du bilan hydrique d’une part pour les données d’entrée, et au niveau des conséquences sur les maladies et ravageurs d’autre part). Quelques compléments seront présentés pour les écosystèmes naturels.

Viendront ensuite les questions encore peu étudiées qui conduisent à approcher les conséquences en termes de gestion des ressources et de territoires :

·               adaptation « ‘passive » sur place des systèmes de culture (en mobilisant l’agronomie pour le choix des variétés et des techniques culturales), ou adaptation plus « active » avec un déplacement des zones de production traditionnelles, ou même l’introduction de spéculations nouvelles ? Quel sera alors le poids du terroir pour les productions qui privilégient cette référence, alors que d’autres productions se délocaliseraient plus aisément ?

·               cette question, outre la nouvelle donne climatique, sera fortement conditionnée par les tendances économiques de 2025, 2050 ou 2100, elles-mêmes peut-être très influencées par le contexte du changement climatique à l’échelle de l’Europe, ou même du globe.

·               l’effet de serre peut également conditionner la localisation spatiale des activités agricoles si l’affectation des terres agricoles ou des boisements forestiers est, en partie du moins, pilotée à l’avenir par des préoccupations environnementales liées spécifiquement aux bilans de gaz à effet de serre (stockage du carbone dans les sols ou la biomasse, biocarburants, émissions d’oxyde nitreux et de méthane).

 

Résumé du colloque :

 

Devant une assistance de 250 personnes,Adolphe Nicolas a d’abord brossé un tableau plutôt noir du futur énergétique d’une civilisation dépendante d’une énergie, le pétrole, qui va très vite coûter beaucoup plus cher qu’aujourd’hui, la production ne pouvant plus suivre l’envol de la consommation. Son remplacement par le charbon, abondant mais épuisable en moins d’un siècle, conduira à une catastrophe climatique si le gaz carbonique rejeté n’est pas récupéré pour être emprisonné en sous-sol ; cette technique de « séquestration » est actuellement en cours d’expérimentation.

David Salas a présenté le futur climatique probable des régions méditerranéennes : une multiplication par 10 du nombre de jours d’été où la température dépassera 35°, une baisse des précipitations particulièrement marquée en été (30 % de moins). Et il ne faut pas compter sur un éventuel arrêt du Gulf Stream pour compenser : ça ne refroidira nettement que le Groenland.

Michel Damian, absent faute de train, a transmis son message : les mesures du protocole de Kyoto (quotas et marché de permis d’émission de gaz à effet de serre) ont échoué, puisque le changement climatique ne pourra plus être arrêté avant un réchauffement moyen d’au moins 2° par rapport à la moyenne des années 1980 à 2000. L’adaptation aux conséquences est inéluctable, les pays en développement vont exiger les financements nécessaires; l’UE et la France sont très en retard sur ce sujet.

Jean-François Guégan s’est montré plus rassurant : le changement climatique n’est que la dernière des causes des récentes propagations de maladies à vecteurs (insectes, rongeurs, oiseaux), loin derrière les comportements humains (démographie, modification des milieux, transports à tout va...). Relâchement de la vigilance, dégradation des systèmes de santé et des liens sociaux constituent les principaux risques en France d’une perte de contrôle de la situation sanitaire, comme la canicule de 2003 l’a bien montré.

Yann Balouin et Yvan Caballero ont abordé ensuite le thème de l’eau. Eau de la Méditerranée d’abord, avec Yann Balouin : les risques côtiers que sont l’érosion et les inondations vont se trouver nettement aggravés, pratiquement tout au long des 230 km de la côte languedocienne, tant par la hausse du niveau de la mer (on est sur une tendance de 30 cm de plus en 2050 et 60 cm en 2100) que par des tempêtes probablement plus sévères. La pression humaine croissante sur ce littoral n’arrange évidemment rien. L’abandon de certains secteurs difficilement défendables sera souvent la meilleur solution, les aménagements de protection coûteux étant à réserver aux zones à enjeux démographiques et économiques forts et indéplaçables.

Traitant des ressources en eau, Yvan Caballero a insisté sur la complexité des interactions entre les besoins croissants des activités humaines, la grande variété des systèmes hydrographiques de la région et l’impact du réchauffement (pluviosité en baisse, ainsi que les réserves glaciaires et neigeuses). Une démarche prospective globale est indispensable : une telle opération démarre pour les Pyrénées-Orientales. Il serait imprudent de compter sur le Rhône pour alimenter au besoin toute la région : ses nappes alluviales en souffriraient, et donc ses riverains.

Enfin Bernard Seguin a décrit les impacts du réchauffement sur l’agriculture, les forêts et les milieux naturels avec une grande aisance, puisque c’est lui qui coordonne les recherches françaises dans ce domaine. Dans un premier temps, l’augmentation des températures et du taux de gaz carbonique dans l’air va plutôt augmenter la production française de blé, maïs, fourrages. Mais au delà de 2° de plus, les simulations montrent une dégradation progressive. Les fruitiers peuvent souffrir de gelées précoces dues à un cycle végétatif raccourci et anticipé. L’absence de gel hivernal peut aussi nuire, aux abricotiers en particulier. Pour la vigne, Bourgogne et Champagne vont beaucoup gagner en rendement, et le Midi y perdre à cause du manque d’eau en été. Pour chaque degré de température en plus, les zones végétales se décalent de 200 km vers le Nord ou montent de 150 m en altitude : chênes et hêtres vont se faire rares, les espèces méditerranéennes (et leurs parasites comme la chenille processionnaire) remonter jusqu’au bassin parisien. Les terroirs ne seront plus ce qu’ils sont.

Un débat trop bref entre la salle et les conférenciers, poursuivi plus longuement devant un buffet bienvenu, a clôturé ce marathon de très bonne vulgarisation scientifique, unanimement complimenté par des participants qui ont bien compris que des temps difficiles nous attendent et que de gros efforts d’adaptation seront exigés.