Lutter contre l'effet de serre : que peut faire un particulier ?

Pour compléter les mesures citées dans les médias et adapter à la France celles qui accompagnent le film « Une vérité qui dérange », voici un condensé de l’inventaire (cf www.manicore.com/documentation/serre/lutte_individuelle.html) proposé par Jean-Marc Jancovici, ingénieur-conseil en énergie (Site de Jean-Marc Jancovici : www.manicore.com – le contacter : jean-marc@manicore.com). Les actions sont classées par ordre de difficulté de mise en œuvre croissante, ordre valable pour la majorité des personnes mais avec bien sûr des exceptions (p. ex. se passer de climatisation dans le Midi devient difficile, un pilote de ligne ne peut se dispenser de prendre l’avion et tout le monde ne peut pas s’offrir une Toyota Prius).

A chaque action sont associées une efficacité, avec un nombre de croix de Ë à Ë Ë Ë Ë et un impact financier, avec un nombre d’euros de €€€ à €€€ : rouges quand ça coûte, vert quand on économise ; s’il n'y a rien, c'est financièrement neutre ou non calculable.

Quelques éléments de base importants :

- en France, l’électricité est faite pour l'essentiel avec des procédés qui émettent très peu de CO2 (nucléaire pour 80%, hydroélectricité pour 10 à15%). De ce fait les émissions de CO2 évitées par le biais des économies d'électricité sont modestes : 40 g/kWh (eau chaude sanitaire, réfrigération), 60 g/kWh (cuisson, lavage, TV, PC), 100 g/kWh (éclairage) ou 180 g/kWh (chauffage). Ce n'est pas le cas dans les autres pays européens (sauf Suisse et Suède), et encore moins aux Etats Unis ;

- un Français émet environ 2,2 tonnes équivalent carbone par an, tous gaz à effet de serre confondus et en tenant compte des puits de carbone (reboisement surtout, la croissance des plantes fixant du CO2 pris dans l’atmosphère), soit 8 t/an en équivalent CO2 (il y a 12 g de carbone dans 44 g de gaz carbonique). Les gains estimés ci-dessous sont évalués à l'aune de cette émission moyenne.

Des mesures dont l'impact sur les émissions est très faible en France (les ampoules basse consommation p.ex.) ne sont pas mentionnées.

Enfin on constatera assez facilement que de faire attention à ses émissions de carbone signifie généralement :

- des économies d'énergie (mais pas toujours : remplacer un combustible fossile par de l’électricité augmente la consommation d’énergie primaire, qui a servi à faire l’électricité, mais réduit les émissions de CO2 si ladite énergie est renouvelable ou nucléaire),

- des économies tout court ! Et quand le prix des hydrocarbures monte brusquement moins on en consomme, moins on souffre.

 

Très facile 

Ø Baisser la température au maximum dans son lieu d'habitation Ë Ë Ë €€

Référence : 2.000 l de fioul pour chauffer une maison l'hiver émettent 1,25 tonne équivalent carbone. Si l'on utilise du gaz naturel, pour une dépense énergétique équivalente on émet encore à peu près 1 tonne équivalent carbone.

En baissant de quelques degrés (passer de 22 à 19 °C par exemple) la température des pièces, on peut économiser jusqu'à 30 ou 40% en chauffage. Une baisse de 1°C fait déjà économiser jusqu'à 10% (la moyenne est autour de 7%). Si vous vous chauffez avec 200 l de fioul par hiver, à 0,7 euro le litre, une baisse de consommation de 10% évite l'émission de 125 kg d'équivalent carbone et fait économiser 140 €.

Par rapport à ce gain, la fabrication des pulls et couvertures qui remplaceront une température élevée crée des émissions négligeables.

Ø Utiliser le moins possible la climatisation en voiture Ë Ë

Référence : si on utilise la climatisation dans une voiture, la consommation augmente de 20%.

Pour une utilisation annuelle de 15 000 km en cycle urbain, dont le tiers avec climatisation, ne pas utiliser la climatisation représente une économie de 100 à 200 kg de carbone par an. Moins facile en période de canicule, évidemment.

Ø Ne pas regarder la publicité (les enfants encore moins !) Ë à Ë Ë Ë € à €€€

Référence : si l'on réintègre les transports et le chauffage qui leur sont propres, l'industrie et les services (qui produisent les produits que nous achetons et les services que nous consommons) sont, en France, à l'origine de 50% des émissions de gaz à effet de serre.

Moins on consomme de produits manufacturés ou de voyages et plus on est vertueux sur le plan des émissions de gaz à effet de serre. C’est probablement plus facile si on ne regarde pas la publicité (c'est particulièrement vrai pour les enfants et les adolescents).

Facile 

Ø Penser à la manière dont on va se déplacer avant de déménager Ë Ë Ë Ë €€

Référence : 15 000 km annuels en voiture en cycle urbain engendrent au minimum 1 tonne équivalent carbone (pour une petite voiture de 3 CV fiscaux).

Le transport est devenu la première source d'émissions de CO2 en France. Lorsque l'on déménage, éviter de se mettre dans une zone mal desservie par les transports en commun est être doublement vertueux :

- se déplacer moins en voiture permet de diminuer très fortement ses émissions de gaz à effet de serre (voir plus bas).

- on fait du bien à ses propres finances car le carburant coûte cher, et ça ne va pas s’arranger.

Ø Manger le moins de viande possible, et surtout le moins de ruminant possible Ë Ë Ë Ë €€

Référence : l'agriculture est responsable de 25% des émissions de gaz à effet de serre en France, plus que l'industrie, et ce essentiellement à cause de l'élevage. Si nous tenons compte de tous les processus annexes nécessaires (transports, fabrication des engrais, etc) le fait de manger est à l'origine de près d'un tiers des émissions en France !!

Produire un kilo de bœuf engendre de 50 à 100 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que de produire un kilo de blé : l'équivalent de 60 km en voiture.

Manger beaucoup de viande engendre une agriculture intensive (car il faut produire beaucoup de végétaux pour nourrir les bêtes !), qui consomme directement ou indirectement de l'énergie fossile (pour la fabrication des engrais et des pesticides, et l'alimentation du tracteur), donc engendre des émissions de CO2, et émet en outre d'autres gaz à effet de serre :

- en se décomposant, les engrais azotés émettent du protoxyde d'azote, 300 fois plus "réchauffant" que le CO2,

- les ruminants émettent du méthane, un gaz 23 fois plus "réchauffant" que le CO2, par fermentation des plantes dans leur système digestif.

Il en résulte que produire un kg de bœuf conduit à l'émission de 3 à 4 kg équivalent carbone, un kg de mouton de 4 à 5. Un kg de volaille ne "coûte" que de 0,5 à 1 kg équivalent carbone et le cochon un peu plus de 1 (chiffres valables pour des produits "bruts", sans traitement derrière.) Supprimer 2 steaks par semaine (soit 300 g) induit, à la fin de l'année, environ 50 kg d'économies en équivalent carbone.

Ce raisonnement est valable pour tout ce qui dérive du bœuf : veau (plus de 10 kg d'équivalent carbone par kg), lait et produits laitiers.

Réduire sa consommation de viande et de produits laitiers ne fait pas que réduire les émissions de gaz à effet de serre :

- moindre pression sur les ressources en eau (il faut utiliser 500 l d'eau pour faire un kg de patates, mais de 20.000 à 100.000 litres pour faire un kg de bœuf avec des céréales venant de cultures irriguées),

- meilleure santé, surtout si la diminution porte sur les produits "gras" (bœuf gras type viande à poêler, beurre, crèmes glacées, etc),

- diminution des rejets de pesticides et résidus d'engrais, puisque la nécessité d'une agriculture très intensive s’atténue,

- libération de surfaces affectables à d'autres usages (bois, cultures énergétiques à l'avenir).

Ø Acheter une voiture sans climatisation Ë

Référence : les gaz utilisés dans les circuits de climatisation sont de très puissants gaz à effet de serre (plusieurs milliers de fois le CO2) qui fuient toujours un peu (on estime les fuites à 33% de la charge initiale au bout de quelques années) et qui ne sont pas récupérés en fin de vie. Les émissions provenant de ces fuites s’ajoutent à celles liées à la surconsommation de carburant quand la climatisation est en marche (voir plus haut).

Ne pas acheter de voiture avec climatisation permet une double source d'économie :

- diminuer sa consommation en carburant,

- éviter des émissions d'halocarbures du même ordre de grandeur que le CO2 dû à la surconsommation de carburant.

Ø Acheter une petite voiture Ë Ë Ë €€

Référence : pour 15 000 km annuels en voiture en cycle urbain on passe de 1 tonne à 2 tonnes équivalent carbone si on passe d'une toute petite voiture à une jeep 4x4 ou à une grosse berline (en moyenne, pour certains véhicules cela va encore au-delà).

Entre une petite voiture (Twingo, Smart) et une grosse Mercedes ou un gros 4x4, il y a une différence de consommation qui peut aller, selon le parcours (et les embouteillages), du simple au quintuple.

Si l'on ne peut vraiment pas se passer de voiture, en changer pour le plus petit modèle possible (quitte à faire voyager une partie de la famille en train pour les vacances) peut déjà faire économiser des quantités considérables de CO2 : pour 15 000 km/an (distance moyenne parcourue par les automobiles en France), la différence Twingo/gros 4x4 est au minimum de 1 tonne équivalent carbone par an !

Ø Acheter une voiture hybride Ë Ë €€

Référence : pour 15 000 km annuels en voiture en cycle urbain, passer à l'hybride peut faire économiser 30 à 50% de la consommation, soit 0,5 tonne d'équivalent carbone au moins.

Les voitures hybrides possèdent un moteur plus efficace que le moteur d'une voiture "classique", et entre autres choses elles récupèrent l'énergie cinétique au moment du freinage pour la convertir en électricité, laquelle sert à alimenter la partie électrique du groupe propulseur. Ce système permet de gagner 30 à 50% de carburant. Sur une base de 15 000 km par an cela permet d'économiser 700 à 1000 litres d'essence par an, soit de l'ordre de 500 kg d'équivalent carbone.

La voiture électrique n'est un bon moyen de lutter contre l'effet de serre que si l’électricité vient de sources renouvelables ou nucléaire.

Moyennement difficile 

Ø Ne pas prendre l'avion Ë Ë Ë

Référence : un avion équivaut grosso modo à autant de petites voitures qu'il a de sièges passagers (même vides). Un voyageur en avion consomme à peu près ce qu'il aurait consommé en faisant le même kilométrage seul en petite voiture (environ 8 litres aux 100 km)

Lors d'un vol aller-retour Paris-Marseille, un passager émet environ 150 kg d'équivalent carbone en avion (en tenant compte de tous les gaz à effet de serre), contre 3 seulement en train.

Lors d'un aller retour Paris-New-York, un passager émet 900 kg d'équivalent carbone en moyenne (bien plus en classe affaires ou en première), soit un tiers de l'émission annuelle d'un Français tous gaz à effet de serre confondus. En 2 à 3 allers-retours Paris-USA on émet donc l'équivalent de ce qu'un Français émet par an (2,5 tonne d'équivalent carbone).

Etre vertueux sur le plan des émissions de gaz à effet de serre est en particulier incompatible avec le fait d'aller en vacances en Martinique l'hiver, avec la réunionite internationale, ou encore avec une retraite occupée à courir le monde (c'est dommage, mais c'est comme ça !).

Ø Ne pas acheter américain Ë Ë Ë Ë

Référence : les émissions par habitant des USA sont deux fois plus importantes que celles des Européens. Cela se retrouve dans les émissions par unité de PNB, même en tenant compte de la différence de productivité entre les USA et l'Europe : aux Etats Unis, tout est plus émetteur de gaz à effet de serre : les procédés industriels, le chauffage (maisons moins bien isolées), la production d'électricité bien plus "riche" en CO2 à cause du charbon, les transports (distances plus longues et voitures plus grosses ; recours à l'avion plus fréquent), etc...

Voilà qui n'est pas du tout diplomatique, mais les chiffres sont ce qu'ils sont.... L'économie américaine est deux fois plus riche en émissions de gaz à effet de serre que l'économie européenne, et trois fois plus que l'économie française : chaque fois que l'on achète un produit fait aux USA plutôt qu'un produit fait en France, on double les émissions engendrées par la production du produit en question.

Acheter européen en général, et français, suisse ou suédois en particulier, est un début très efficace de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Regarder attentivement le "made in" sur l'étiquette et ne pas renouveler trop souvent son informatique made in USA !

Ø Partager les voitures avec ses collègues pour le déplacement domicile-travail Ë

Référence : 5 000 km annuels en voiture en cycle urbain (soit une distance domicile travail de 12 km environ) engendrent au minimum 0,3 tonne équivalent carbone par an (et généralement plus près de 0,5). En augmentant le nombre de passagers, on divise ce total par le nombre de personnes transportées.

Pour un déplacement domicile-travail de 30 km aller-retour en zone urbaine, cela permet d’économiser 0,20 tonne de carbone par personne et par an pour un partage à 2, et 0,35 tonne par personne pour un partage à 3.

Ø Isoler thermiquement sa maison du mieux possible Ë Ë Ë

Référence : si on utilise 2000 l de fioul l'hiver, gagner 50% représente 0,8 tonne de carbone.

Une bonne isolation thermique permet de diminuer fortement ses émissions liées au chauffage. Entre un logement bien isolé et un logement mal isolé la dépense énergétique de chauffage, à température intérieure identique, varie du simple au double. Couplé avec un réglage du thermostat le plus bas possible (19 °C sont généralement supportables) cela peut faire chuter la consommation de 70%.

Dans l'exemple où l'on consommait 2000 l de fioul cela permet une réduction de 0,8 tonne d'équivalent carbone par an.

Ø Faire ses courses à pied ou à vélo chez les commerçants de proximité Ë Ë /

Référence : faire ses courses en centre ville divise par deux la "dépense transport" de la collectivité

A chiffre d'affaires équivalent, les hypermarchés de périphérie engendrent une dépense énergétique double de celle des supermarchés de centre ville. Pour le commerce de proximité, le résultat est vraisemblablement le même, voire encore plus favorable.

Raisons de cette "vertu" du commerce de proximité: le déplacement des clients est plus court vers le centre ville ; une partie des déplacements s'effectue à pied, alors que vers l’hypermarché la voiture est obligatoire. Aller près de chez soi diminue la dépense transport : il est difficile de dire quel est l'impact financier d'un tel choix. Important si cela permet d'éviter de s'acheter un deuxième véhicule, et si l’on se laisse habituellement tenter en hypermarché par des choses dont on n'a pas vraiment besoin .

Ø Ne pas se faire livrer les choses achetées par correspondance en 24 h chrono Ë

Référence : sur 1000 km, 1 tonne de fret fait émettre presque 1000 kg de carbone en avion court courrier, 25 kg en gros camion, 3 kg en train.

Se faire livrer rapidement implique le recours à l'avion (très gourmand en carburant) pour les grandes distances et interdit l'usage du train pour les distances plus courtes. Le raccourcissement des chaînes logistiques est fortement responsable du bond du parc de camions ; aux USA, où le mouvement a été initié avant la France, les immatriculations annuelles de camions ont triplé de 1980 à 1997 !!

Ø Boire l'eau du robinet Ë

Cela évite de fabriquer puis de jeter des bouteilles en plastique ; cela évite de transporter de l'eau par camion d'un bout à l'autre de la France (le transport local par tuyau est bien moins gourmant en énergie), cela coûte moins cher.

Ø Manger des produits de saison et cultivés ou élevés localement Ë Ë

Manger des cerises en hiver, de l'agneau de Nouvelle Zélande, des tomates au mois de mars, ou des mangues toute l'année, induit une quadruple dépense énergétique qui conduit à des émissions de gaz à effet de serre :

- la culture sous serres chauffées (au fioul) pour les produits tels que tomates, fraises, etc..., en hiver (et même certaines salades...),

- le transport sur une distance plus ou moins longue pour tout ce qui est produit à l'étranger,

- la congélation dans certains cas ; or la plupart des systèmes de réfrigération fuient un peu et les fluides réfrigérants sont en général des halocarbures, gaz à effet de serre extrêmement puissants. Et congeler les produits demande de l'énergie, donc engendre des émissions,

- une bonne partie de ce qui arrive de loin est sérieusement emballé : dépense énergétique et déchets supplémentaires.

Difficile 

Ø Prendre les transports en commun plutôt que la voiture pour aller au travail Ë /Ë Ë Ë €€€

Référence : 6000 km annuels en voiture en cycle urbain (soit une distance au travail de 15 km environ) engendrent environ 0,5 tonne équivalent carbone.

Si le parcours est fait en utilisant les transports en commun, le bénéfice question émissions sera de la quasi totalité si on passe de la voiture au vélo ou au train, et des 2/3 si on passe de la voiture au bus (ou au train dans les autres pays européens).

Si cela permet d'éviter la deuxième voiture pour le ménage il y aura des économies induites pour d'autres déplacements, sans parler des économies financières qui représenteront environ 2 à 3000 euros par an (le transport public coûte en général la moitié du coût complet d'une voiture conduite par une personne seule).

Ø Vivre en appartement quand on habite en ville (même dans une petite ville) Ë Ë Ë Ë €€

Les appartements sont beaucoup moins consommateurs d'énergie pour se chauffer à superficie égale (jusqu'à deux fois moins), car la surface en contact avec l'extérieur est proportionnellement plus faible que pour une maison (le reste est en contact avec un autre appartement, généralement aussi chauffé). Il sont aussi, en général, situés en zones urbaines denses, donc proches des services (magasins, lieux de travail...) qui deviennent accessibles sans utiliser de voiture (à Paris, 1 personne sur 2 n'a pas de voiture).

Contrairement à une idée répandue, le fait d'habiter en banlieue, à superficie habitable par personne équivalente, ne permet pas d'économiser de l'argent sur le total "logement plus transports de base" : le foncier moins cher ne compense pas le transport plus cher.

Ø Prendre le train, pas la voiture, pour les déplacements de quelques centaines de km Ë Ë

Référence : 1000 kms en voiture en cycle interurbain engendrent au minimum 63 kg de carbone ; en train sur la même distance : environ 3 kg de carbone

La bilan de la substitution de la route par le rail est de 150 g de CO2 par km. Sur un aller-retour interurbain de 500 km en tout (Paris-Lille par exemple) l'économie est de 20 kg de carbone. Si ce cas de figure se produit 10 à 20 fois par an (maison de campagne, famille, etc) le total en bout de course est de 0,25 à 0,5 tonne de carbone.

Par ailleurs, si l'on intègre l'amortissement de la voiture dans son coût, le train coûte moins cher pour 1 voire 2 personnes (dès que l'on est 2 on a une réduction) que la voiture, surtout s'il y a un péage d'autoroute en plus.

Ø Utiliser des modes non motorisés pour ses déplacements de proximité Ë Ë

- utiliser les rollers ou le vélo si on n'a rien à transporter,

- acheter une remorque à vélo si on a de jeunes enfants ou des choses à transporter.

Ø Remplacer sa chaudière au fioul par une chaudière à gaz Ë Ë (sur la durée)

Référence : Le gaz permet de diminuer ses émissions de 25% par rapport au fioul (à confort équivalent). Pour 2000 l de fioul par hiver, cela représente 0,25 tonne équivalent carbone d'économie.

Pourquoi ? Les molécules de méthane (le principal composant du gaz) ont le ratio hydrogène/carbone le plus élevé de tous les hydrocarbures. Lors de la combustion, seul le carbone produit du CO2, l'hydrogène ne produisant que de l'eau.

Notons toutefois que cette substitution n'est une bonne affaire que de manière transitoire : le gaz n'est pas plus éternel que le pétrole et l’émission de CO2 n’est pas négligeable! Cette substitution est donc uniquement une marge d'adaptation à court terme.

Ø Installer un chauffe-eau et un chauffage solaire ou une pompe à chaleur Ë Ë Ë € ?

Référence : les émissions liées au chauffage et à l'eau chaude sanitaire d'un foyer "moyen" représentent près d'une demi-tonne équivalent carbone. Une installation solaire thermique permet de diviser ces émissions par 2 dans les bons cas.

Un chauffage solaire peut donc permettre de diviser par 2 sa facture de chauffage et d'électricité, même dans le Nord de la France. L'installation la plus facile à mettre en œuvre concerne l'eau chaude sanitaire. Pour passer au chauffage central solaire, il faut par contre envisager de gros travaux de plomberie pour faire passer les tuyaux d'eau chaude dans le plancher. Avec une pompe à chaleur électrique, qui consommera 3 fois moins d’électricité que des radiateurs à résistances, on peut espérer conserver un circuit de radiateurs existant.

Un panneau photovoltaïque permet quand à lui de diminuer la part de l'électricité achetée à l'extérieur mais coûte relativement cher. L'impact sur l'effet de serre est limité en France (électricité surtout nucléaire et hydraulique, et la fabrication du panneau engendre des émissions importantes). Le solaire photovoltaïque est aujourd’hui beaucoup moins intéressant que le thermique pour limiter les émissions.

Ø Acheter le moins possible de produits avec beaucoup d'emballages Ë

Référence : faire un kg d'acier ou un kg de verre engendre 500 g à 1 kg d'équivalent carbone, faire un kg d'alu engendre 3 kg à 5 kg d'équivalent carbone.

Produire du plastique, du verre, du carton, de l'acier ou de l'aluminium consomme beaucoup d'énergie : moins d’emballages égale moins de consommation d’énergie et d'émissions de gaz à effet de serre.

Ne pas se fournir en hypermarché (voir plus haut) mais chez les commerçants locaux permet d'obtenir ce résultat comme produit dérivé.

Ø Acheter le moins possible de produits manufacturés Ë Ë Ë Ë €€€

Référence : un kilo de produits manufacturés "contient" de quelques centaines à quelques kg d'équivalent carbone (voire plus pour les produits très chers). Par exemple, une voiture pesant une tonne "contient" 1,5 à 2 tonnes d'équivalent carbone (c'est à dire que l'on a rejeté dans l'atmosphère 2 tonnes équivalent carbone pour la fabriquer, même si on ne l'utilise plus ensuite), un ordinateur "contient" quelques dizaines de kg équivalent carbone, etc...

Dès que l'on n'achète pas un produit manufacturé, on économise l'énergie nécessaire pour fabriquer le produit en question. L’idéal est donc de réduire sa consommation d'objets manufacturés : voitures, ordinateurs, jouets, électronique, vêtements, etc...

Cela signifie, hélas pour les industriels, que dans le contexte actuel moins on fait tourner l'économie manufacturière et plus on est vertueux sur le plan des émissions de gaz à effet de serre : la croissance économique "fait de l'effet de serre". Cela signifie aussi que, en tant que consommateurs, nous avons une responsabilité dont nous ne pouvons nous exonérer : nous ne pouvons à la fois demander aux politiques la réduction collective des émissions et souhaiter pour nous-mêmes la croissance de nos consommations individuelles.

Cela est aussi valable pour les services : sans parler des voyages en avion (voire ci-dessus), savez vous, par exemple, qu'une facture de téléphone de 150 euros "contient" au moins 4 kilos d'équivalent carbone ?

Ø Ne pas avoir de chien (spécialement en zone urbaine) Ë

Un chien (ou autre carnivore) signifie généralement : une consommation de produits carnés, or l'élevage (bœufs, moutons...) engendre de l'effet de serre et consomme de l'énergie ; une voiture plus grande pour partir en vacances, donc une consommation au quotidien accrue ; d'une manière générale un certain nombre d'aménagements dont la réalisation ou l'entretien consomme de l'énergie.

Très difficile 

Ø Déménager pour moins se déplacer Ë Ë Ë €€€ (€€€ après amortissement du coût de l’opération, bien sûr)

Ø Devenir travailleur à domicile Ë Ë Ë Ë

Dans certaines conditions (travailler chez soi à temps plein, sans disposer d'un bureau ailleurs, et sans se déplacer plus pour d'autres motifs on peut économiser près de 50% de l'émission annuelle moyenne d'un Français.

Ø Ne plus avoir de voiture du tout Ë Ë Ë €€€

A kilométrage égal, la voiture est 30 fois plus émettrice de gaz à effet de serre que le train ou le RER. Il faut 40 fois plus d'énergie pour faire un km en voiture qu'en vélo.