JEAN BOISSONNAT

 

Né en 1929 dans une famille ouvrière de Paris (trois frères, tous décédés aujourd'hui), Jean Boissonnat a fait des études secondaires au Collège Colbert à Paris, puis des études supérieures à l'Institut d'Etudes politiques de Pans (diplômé en 1951).

 

II a milité dans les mouvements d'Action catholique, (responsable de la branche universitaire de la Jeunesse Etudiante Chrétienne), et s'est orienté vers le journalisme.

 

D'abord au quotidien La Croix du Groupe Bayard Presse (de 1954 a 1967) puis au Groupe Expansion où il a fondé avec Jean-Louis Servan-Schreiber le magazine économique L'Expansion (en 1967 jusqu'en 1994).

 

Parallèlement, il tient une chronique quotidienne sur Europe 1 (de 1974 à 1994).

 

En 1994 il est appelé à siéger au Conseil de la Politique monétaire de la Banque de France quand celle-ci devient indépendante, avec un mandat de trois ans.

 

Jean Boissonnat a été maître de conférence, puis professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (de 1960 à 1971).

 

Il a présidé l'Association des Journalistes économiques et financiers (de 1966 à 1968).

Il a siégé à la Commission des Comptes de la nation au ministère des Finances (de 1980 à 1999).

 

Il a présidé « Les Semaines Sociales de France », (de 1996 à 2001).

 

Il a présidé les jurys du concours d'entrée à L'Ecole Nationale d'Administration (en 2000).

 

Il siège dans différents conseils du Groupe Ouest-France.

 

Jean Boissonnat est l'auteur de plusieurs ouvrages:

 

La politique des Revenus, en 1966- Journal de crise en 1984; Crise, Krach, Boom, en collaboration avec Michel Albert en 1988- Rendez-vous avec l'Histoire en 1995; Le Travail dans vingt ans, en collaboration, en 1995; La Révolution de 1999 en 1998; L'Aventure du christianisme social en 1999; La fin du chômage? en 2001 ; L’Evêque et l'Economiste, dialogue avec Monseigneur de Berranger, en 2001.

L Europe, année Zéro en 2001.

Notre foi dans ce siècle, en collaboration avec Michel Albert et Michel Camdessus, en 2002.

 

Intervention de JEAN BOISSONNAT

Le « PAS » de la Mondialisation

L'humanité est en train de franchir un "pas" important dans son histoire: le "pas de la mondialisation". Ce n'est pas un hasard si cela se produit au tournant du siècle. Après un XX° siècle qui avait "survalorisé" le politique dans l'évolution collective de l'espèce humaine, le XX1° siècle commence dans une survalorisation de l'économique. Les "lendemains qui chantent" se sont tus après les désastres du nazisme et du communisme. L'humanité a révisé à la baisse ses ambitions politiques. Désormais on classe les nations selon leur place sur l'échelle des développements économiques.

Or l'économie a changé de nature. Jusqu'à la fin du Moyen Age, il s'agissait d'une économie de subsistance destinée à permettre la perpétuation de l’espèce. Elle est devenue l'économie du développement, les besoins n'étant plus identifiés aux seuls besoins naturels (se nourrir, se vêtir, s'abriter), mais devenant des besoins sociaux sans limite. Cette économie de développement a pris spontanément la forme de l'économie de marché, celle-ci apparaissant comme la plus efficace pour atteindre les objectifs qu'on se donnait. La déroute des économies socialistes à la fin du XX siècle, a ouvert le monde entier à l'économie de marché. Celle-ci est donc devenue le vecteur de la mondialisation, ce qui ne veut pas dire que celle-ci n'a que des aspects économiques. D'ailleurs l'économie elle-même embrasse le tout de l'homme. Malheureusement elle n'en a pas conscience.

   

En affirmant ses prétentions universalistes, l'économie de marché a mis en évidence les écarts de développement entre les nations, ainsi que les problèmes que posait a l'humanité la gestion des ressources naturelles. Solidarité et développement durable apparaissent désormais comme les effets secondaires de la mondialisation. Or le marché ne peut pas suffire à les gérer. Ce qui nous oblige à situer la mondialisation dans la perspective de l'évolution générale du monde. En prenant conscience de la mondialisation, l'homme d'aujourd'hui illustre la pensée de Teilhard selon lequel l'évolution de l'humanité ayant relayé l'évolution biologique, c'est l'homme en prenant peu à peu conscience de cette évolution qui en devient responsable.

Jean BOISSONNAT

25 rue de l’Ouest

75014 Paris

Tél/fax : 01 43 20 65 16