Activités 2008 :

 

17 décembre 2008           BIODIVERSITÉ, LE CHEF-D'ŒUVRE EN PÉRIL

                                    24 participants

 

Animée par M. Henri-Pierre ABERLENC, entomologiste au CIRAD, UMR CBGP à Montpellier (http://www1.montpellier.inra/CBGP/aberlenc.htm)

 

Abondamment illustrée de magnifiques photographies d'insectes allant du très beau au très étrange, la présentation de M. Aberlenc a débuté par quelques définitions sur des sujets arides (systématique, cladisme) qu'il a su rendre intéressants.

La diversité du vivant (biodiversité) s'applique à plusieurs niveaux : les grands plans d'organisation des organismes, les espèces et sous-espèces, les, génotypes et phénotypes individuels, les écosystèmes. La science de la biodiversité s'appuie fondamentalement sur la systématique (distinguer, nommer, décrire et classer les espèces). La classification résultante s'appuie sur une théorie des relations de parenté entre espèces et de leur évolution; elle s'est construite par étapes successives, de son fondateur Linné (1758) à nos jours.

C'est une science des processus, où, travaillant sur un historique non reproductible, on ne peut expérimenter, contrairement aux sciences des structures qui ont, de ce fait, davantage la cote : le nombre de taxonomistes, professionnels comme amateurs, a été divisé par plus de 2 depuis les années 1950 !

Pourtant, on connaît environ 50 000 espèces de vertébrés, mais 900 000 d'insectes, et il y en a sans doute plusieurs dizaines de millions : un travail considérable et essentiel si l'on veut préserver cette diversité; certains domaines ont à peine été effleurés (bactéries et virus).

Les écosystèmes participent aussi à la biodiversité, les artificiels (cultures) étant généralement très pauvres par rapport aux naturels. Ce sont des milieux extrêmement complexes où interagissent, de manière non linéaire, d'innombrables paramètres. Certains, qui intéressent de nombreux spécialistes tant ils sont diversifiés, sont les points chauds de la biodiversité ("hot spots"). La France en possède une proportion notable : 10% des récifs coralliens, 20% des atolls, un beau morceau de forêt amazonienne et la Nouvelle Calédonie, ce qui lui confère une responsabilité importante.

La biosphère a connu 5 extinctions majeures (entrelardées de nombreuses extinctions mineures), dont celle du passage du Permien au Trias (il y a 245 millions d'années) a été la plus sévère avec 95 % de pertes. L'extinction est un processus naturel normal : en moyenne, la durée de vie d'une espèce est de 1 à 10 millions d'années (elle peut disparaître avec ou sans descendance : les oiseaux, p. ex., sont issus de certains dinosaures théropodes), soit un taux moyen d'extinction d'un pour mille par millénaire. Après chaque extinction majeure, une nouvelle biodiversité est apparue au bout de plusieurs millions d'années.

Un taux d'extinction actuellement très supérieur à la moyenne nous indique que la 6ème extinction majeure est en cours; on peut en décrire les phases :

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Démarrage lent au Néolithique (perte des mammifères et oiseaux géants), amplification avec la révolution industrielle. Le taux d'extinction atteint le millier d'espèces par millénaire.

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Accélération depuis la seconde guerre mondiale : emballement de 1945 à 1970, tournure catastrophique de 1970 à 2000.

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Un seuil de désastre est franchi depuis l'an 2000 environ : effondrement de la biodiversité, des centaines de milliers d'espèces ont déjà disparu. A ce rythme, on se dirige vers le taux d'extinction de la transition Permien-Trias !

Les facteurs de cette extinction sont connus : démographie galopante, pollutions chimiques, réduction et fragmentation des habitats naturels, surexploitation et destruction des ressources renouvelables (pêche, forêts, sols), pollution lumineuse, transports terrestres, dissémination d'espèces invasives, changement climatique. Pendant les quelques millions d'années de reconstitution d'une biodiversité nouvelle, les temps risquent d'être très durs pour les quelques humains survivants... Est-ce l'avenir que nous voulons ?

Sauvegarder la biodiversité, c’est sauvegarder l’avenir de l’humanité sur une planète habitable et belle.

Les diapositives de cette conférence (format pdf) :    Ici     (à l'exception de la centaine de magnifiques photos d'insectes, protégées)

 

3 décembre 2008           CRISE CLIMATIQUE ET CRISE ENERGETIQUE : UNE CRISE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

                                    40 participants

 

Animée par M. Adolphe NICOLAS, professeur émérite, laboratoire de Tectonophysique, ISTEEM (CNRS-UM2), Université Montpellier II (http://www.gm.univ-montp2.fr/spip/spip.php?rubrique203)

 

Une bonne nouvelle paradoxale pour débuter : le pic de production de pétrole étant plus proche qu'on ne croyait, la crise climatique pourrait s'en trouver atténuée... Ce sera à peu près la seule de cet exposé très argumenté, dont l'essentiel se retrouve dans le dernier opus du Pr Nicolas : "Futur empoisonné, quels défis ? Quels remèdes ?" (chez Belin).

La crise climatique : à ce que l'on sait couramment (travaux du GIEC), le conférencier ajoute quelques petites touches :

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Le gaz carbonique s'absorbe selon 3 durées caractéristiques : en 20 à 30 ans dans la biomasse, en 500 ans dans l'océan profond et les sols, en 100 000 ans dans les roches (cycle tectonique); ce qui fait que le retour à l'équilibre après l'arrêt de notre combustion des combustibles fossiles et des forêts prendra beaucoup plus de temps que ce qui est dit habituellement (il y a 65 millions d'années, après les émissions de CO2 volcanique des gigantesques épanchements du Deccan, il a fallu un million d'années). Ce que l'océan absorbe va ressortir d'ici 500 à 1000 ans (convoyeur océanique) : il vaudrait mieux avoir maîtrisé le réchauffement avant !

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Le développement durable est largement utopique: il ne s'applique qu'à des phénomènes de durée courte, les durées géologiques du cycle du gaz carbonique sont hors de sa portée.

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On ne peut se permettre de brûler en ce siècle ne serait-ce que la moitié des combustibles fossiles restants : pour 10 000 Gt de C estimés subsister, émettre la moitié donnerait une hausse moyenne de température de 8°C, absolument catastrophique donc inacceptable. Cette estimation est validée p.ex. par la crise du Paléocène (il y a 55 millions d'années) où quelque milliers de t de C volcanique ont provoqué une hausse de 5°C.

L'énergie est au centre de tout :

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Un taux d'émission de GES acceptable implique une division par 2 en 2050, et par 4 pour les pays riches : les scénarios du GIEC sont encore beaucoup trop "carbonés", il n'y aura pas de solution sans modification des modes de vie (retour vers les centres-villes p.ex.) et sans mesures draconiennes (interdiction d'usage des fossiles quand ils sont substituables).

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L'espoir paradoxal des pics de production ("peak-oil", peak-coal"...) : les réserves officielles sont politiques, non techniques; en fait, le plateau de production du pétrole est probablement atteint depuis 2005, une baisse est possible dès 2015. Pour 2 à 3 barils produits, un seul est découvert; le coût énergétique d'extraction augmente : il faut 1 baril pour en produire 20, au lieu de 100 à la grande époque. Le gaz est en plateau depuis 1980, la baisse est attendue en 2020. Quant au charbon, le maximum de production est estimé vers 2050.

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L'indispensable et inéluctable sevrage du pétrole sera très douloureux, car c'est une drogue économique dure, qui s'est infiltrée dans tous les produits et services. La séquestration géologique du CO2, qui rendrait le charbon supportable, est faisable mais coûte 30 % d'énergie primaire en plus : on n' pas dépassé le stade du prototype.

La crise de fin du pétrole bon marché (il y en aura toujours, mais à quel prix ?) pourrait prendre des formes de crise alimentaire (il y a aujourd'hui 10 calories de pétrole pat calorie de nourriture), crise financière (en empêchant la croissance de se maintenir au niveau requis pour gager les crédits mondiaux), de crise sociétale dans les pays riches (les grandes villes américaines très étalées du sud et de l'ouest sont particulièrement vulnérables) avec risque de repli sur de petites communautés autarciques. Choc frontal si on continue la croissance actuelle, ou crise amortie si on se comporte plus sagement : de toute manière, il va un profond changement est certain.

 

15 octobre 2008           PLAN D'ACTION LOCAL DE DEVELOPPEMENT DURABLE POUR LE 21ème SIECLE :  AGENDA 21

                                 40 participants

 

Animée par Mme Christine SORLI, déléguée régionale de l'AFNOR Languedoc-Roussillon.

 

Après un rappel sur la notion de Développement durable (DD), Mme Sorli a rappelé l'origine des "Agendas 21 " : la déclaration de Rio-de-Janeiro (1992). Il s'agit d'un "plan d'actions pour le 21ème siècle" qui passe en revue, en 40 chapitres, les grands thèmes du DD, structurés en 4 sections :

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La dimension sociale et économique : coopération internationale en faveur des pays en  développement, lutte contre la pauvreté, modification des modes de consommation, dynamique démographique et durabilité, protection et promotion de la santé, promotion d'un modèle viable d'établissements humains, intégration de l'environnement et du développement aux processus de prise de décision.

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La conservation et la gestion des ressources aux fins de développement : protection de l'atmosphère, planification et gestion intégrées des terres, lutte contre le déboisement, lutte contre la désertification et la sécheresse, mise en valeur durable des montagnes, promotion d'un développement agricole et rural durable, préservation de la diversité biologique, gestion écologiquement rationnelle des biotechniques, protection et gestion rationnelle des ressources des mers et océans, protection des ressources en eau douce et de leur qualité, gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques toxiques et des déchets et effluents de toute nature.

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Le renforcement des principaux groupes sociaux : participation des femmes, rôle des enfants et des jeunes, rôle et reconnaissance des populations autochtones, renforcement du rôle des ONG, initiatives des collectivités locales à l'appui de l'Agenda 21, renforcement du rôle des travailleurs et de leurs syndicats, du commerce et de l'industrie, de la communauté scientifique et technique, et des agriculteurs.

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Les moyens de mise en œuvre : ressources et mécanismes financiers, transfert de techniques écologiquement rationnelles, mise de la science au service du DD, éducation, formation et sensibilisation au DD, renforcement des capacités dans les pays en développement, arrangements institutionnels internationaux, instruments et mécanismes juridiques internationaux, information pour la prise de décisions.

Elle a développé ensuite les mécanismes de déclinaison en Agendas 21 locaux, en particulier en France, où l'on n'en compte que 300 à ce jour. Le ministère concerné a produit un cadre de référence, et le Grenelle de l'environnement pourrait aboutir à rendre obligatoire la démarche Agenda 21 pour les collectivités d'une certaine taille (50 000 habitants ?). Exemple développé : la commune d'Echirolles (banlieue sud de Grenoble). L'évaluation de la qualité de la démarche et des résultats obtenus pose encore problème, d'où le projet de modèle AFAQ 1000NR Territoires, qui inclut une notation sur 1000 points.

 

 

10 octobre et 21 novembre 2008                  VISITE de la nouvelle usine d'enrichissement d'uranium GEORGES BESSE II

                                                                                             (Site nucléaire du Tricastin)

                                 2 fois 20 participants

 

Animée par M. Philippe HORTEUR, responsable de la construction de GB II (maîtrise d'ouvrage SET)

 

Cf  présentation du 21 mai 2008, diapositives d'AREVA : Ici

 

 

17 septembre 2008         CHANGEMENT CLIMATIQUE ET NIVEAU DE LA MER : SCENARIO SUR LE CAS DE LA CAMARGUE

                                 50 participants

 

Animée par M. Marc POUMADÈRE, chercheur à l'Institut Symlog (Paris, cf http://www.ecologie.gouv.fr/Quelles-strategies-d-adaptation.html)

 

Après des généralités sur le risque, sa perception et sa gouvernance, puis un rappel sur le risque climatique, M. Poumadère a présenté le projet Atlantis auquel Symlog participe :

 

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Objectifs : définir une méthodologie d'évaluation des conséquences socio-économiques d'un scénario-catastrophe, l'appliquer à une hausse de 5 à 6 m du niveau de la mer (effondrement de la plateforme glaciaire de l'Antarctique occidental) frappant l'estuaire de la Tamise, les Pays-Bas et la Camargue, confronter les résultats aux politiques actuelles de gestion des risques et d'adaptation au changement climatique. Notons que ce scénario est, pour l'instant, considéré comme possible vers 2030-2040 mais peu probable.

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Méthodologie : interview des experts et parties prenantes, ateliers avec ces dernières, concertations, recommandations; comparaison des 3 sites, rapport final : processus étalé de 2003 à 2005; recueil des valeurs sociales des participants, debriefing.2 scénarios testés : 2030 (hausse de 5 m probable à 20 %) et 2050 (hausse de 5 m supposée certaine).

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Participants (pour la Camargue) : on a sollicité les élus locaux, l'administration locale, la CCI d'Arles, un géographe, des experts locaux, les organismes régionaux et étatiques compétents (DIREN, INSERM, BRGM), des industriels (seul Solvay est venu), les chasseurs et écologistes (une seul association est venue). La représentativité a été correcte.

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Recommandations résultantes : pour le scénario "2030", elles ont été du type "attendre et voir" en préparant le repli, du style "préparer le terrain et l'opinion, préparer l'abandon des zones indéfendables, approfondir les connaissances". Pour le scénario 2050, l'option repli s'impose : l'organiser réglementairement, socialement et psychologiquement, unifier la gestion, restaurer les fonctions hydrologiques du delta, réduire les crues du Rhône, redéployer l'économie locale et la culture de ce pays.

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Leçons du fonctionnement des ateliers : le processus de décision de groupe en situation de catastrophe a bien fonctionné, bonne coopération, apprentissages transversaux; l'exploitation des "mauvaises nouvelles" peut être utile pour préparer le public et obtenir des consensus; la culture camarguaise semble assez forte pour résister à l'épreuve et s'y adapter.

 

En conclusion, il reste à faire la comparaison aux politiques actuelles, les autres objectifs ont été atteints. Il est toutefois permis de se demander si les choses se dérouleraient dans un climat aussi constructif en situation de catastrophe très probable, avec bien davantage d'intervenants et une pression économique énorme.

Les diapositives de cette conférence (format pdf) :    Ici

 

2 juillet 2008                                 VISITE de la station d’épuration et de compostage du SABRE

                                                       (Syndicat d'assainissement de Bagnols et sa région)

                                 20 participants

 

Animée par M. Yoann GALIOTTO, ingénieur responsable technique du SABRE, et Mme Laurette BASTAROLI, adjointe au maire de Bagnols sur Cèze, déléguée au développement durable

 

18 juin 2008                                       LES PLANTES GENETIQUEMENT MODIFIEES (PGM)

                                 54 participants

 

Animée par M. Simon SUBTIL, agroéconomiste, chef du produit tomates chez Vilmorin, et Mme Mimia TALEB, docteur en génétique, chef du projet légumes transgéniques chez Vilmorin (groupe Limagrain)

 

Sur ce sujet éminemment polémique, les médias ne donnent généralement la parole qu'aux opposants. A contrario, les deux chercheurs du groupe Limagrain, peu engagé dans la production d'OGM (Monsanto détient 90 % du marché) mais y consacrant 1/3 de ses efforts de recherche, ont apporté un éclairage essentiellement factuel et scientifique, qui a permis un débat final tout-à-fait apaisé.

 

Ont été traités successivement l'histoire de l'amélioration des plantes, les techniques connues pour obtenir des PGM, les objectifs visés, les cas concrets opérationnels et les recherches en cours, les analyses d'innocuité des PGM et la réglementation, le problème de la dissémination de gènes "OGM" par le pollen, la stratégie PGM du groupe Limagrain. Notons quelques points saillants qui vont à l'encontre des idées reçues :

 

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la sélection "classique" reste, de loin, la méthode la plus répandue et la moins coûteuse pour créer de nouvelles variétés de plantes; elle demande 6 à 10 ans de développement, pour une exploitation commerciale de 3 à 8 ans seulement;

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la protection commerciale qu'on reproche aux OGM s'applique bien davantage aux hybrides F1, très répandus, obtenus de façon classique; d'autre part, les brevets tombent dans le domaine public au bout de 20 ans;

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les PGM commercialisées sont très peu nombreuses : le coût de développement est énorme, l'acceptabilité incertaine : on ne s'y risque que pour obtenir des qualités inaccessibles par la sélection classique. Et il ne s'agit que de plantes annuelles de très grande culture, jamais de vivaces, pour des raisons financières évidentes;

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les analyses d'innocuité demandées en Europe pour les PGM sont plus sévères que pour les variétés obtenues par sélection classique (alors que ces dernières ne sont pas forcément inoffensives...), avec remise en cause tous les 10 ans. Malheureusement, les importations passent à travers... Le risque d'allergie, souvent cité, ne peut être totalement éliminé : on ne teste que les allergènes déjà connus ! N'oublions pas que bien des plantes "naturelles" présentent ce risque, sans qu'on songe à les interdire (arachide, fraises...)

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le risque de diffusion incontrôlée de "gènes d'intérêt" PGM par le pollen existe... ni plus ni moins qu'entre variétés sélectionnées ! La protection de ces variétés a depuis longtemps déclenché des recherches sur ce sujet, et les distances d'évitement étaient connues avant l'arrivée des PGM ! En la matière, il n'y a que des cas particuliers; le croisement possible avec des plantes sauvages est tout particulièrement à éviter : la production d'un colza PGM résistant au glyphosate a été stoppée pour cette raison. Il faut savoir aussi que les pollens isolés ont une durée de vie restreinte. On espère en outre éliminer définitivement ce risque de dissémination en faisant porter le gène d'intérêt par les seuls chloroplastes des PGM.

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les qualités espérées des PGM ne se réduisent pas à la résistance à certains ravageurs et aux herbicides : on vise aussi l'enrichissement en vitamines et en minéraux anti-oxydants, l'amélioration du goût et de la conservation, la dépollution des sols (extraction des métaux lourds), la production de carburants et de lubrifiants,  la lutte contre les stress climatiques, sans parler de la production, déjà opérationnelle, de certains médicaments.

 

Les PGM, utilisées judicieusement, peuvent constituer un outil, parmi d'autres, pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement.

 

 

21 mai 2008                                             LE PROJET GEORGES-BESSE II

                                 37 participants

 

Animée par M. Philippe HORTEUR, directeur général de GB II

Depuis 1978, l'usine Georges-Besse d' EURODIF, filiale du groupe AREVA, enrichit de l'uranium par diffusion gazeuse afin de répondre aux besoins des producteurs de combustibles nucléaires en enrichissement.

L'usine Georges BESSE II, construite et exploitée par la Société d'enrichissement du Tricastin, également filiale d'AREVA , va remplacer progressivement l'usine Georges-Besse. Pour GB II, AREVA a choisi une solution techniquement et économiquement éprouvée, l'ultracentrifugation, considérée actuellement par l'ensemble des acteurs du marché comme la technologie la plus performante en matière d'enrichissement de l'uranium : faible impact environnemental, faible consommation énergétique, compétitivité technique et économique, fiabilité, modularité. Cette dernière qualité permettra la mise en production de l'usine à partir de 2009, pour atteindre sa pleine capacité en 2015 (unité sud de 4,3 MUTS/an) puis 2016 (unité nord de 3,2 MUTS/an).

M. Horteur a rappelé le cycle du combustible nucléaire, présenté l'état du marché de l'enrichissement (50 MUTS/an, en croissance d'au moins 2% par an) et dominé par AREVA, URENCO (allemand), ROSATOM (russe) et USEC (EU); il a énuméré les projets en cours, tous à base de centrifugation, sauf un qui veut essayer sur de l'UF6 le procédé laser qui a échoué sur la vapeur d'uranium (procédé SILVA abandonné par le CEA).

Les centrifugeuses tournent dans le vide à plusieurs dizaines de milliers de tours/mn, chaque moteur ne faisant que quelques W, d'où une puissance électrique totale de 50 MW contre 2500 MW à Eurodif (pour 8 MUTS/an). L'usine est organisée en halls-cascades, qui comportent chacun de 10 000 à 20 000 centrifugeuses réparties en 8 cascades parallèles. 100 cascades remplacent 1400 diffuseurs en série d'Eurodif. Au lieu de 3000 t d'UF6 comme à Eurodif, GB II ne mettra en ligne que quelques tonnes de ce gaz chimiquement très dangereux. La modularité des cascades permettra de traiter en parallèle de l'uranium naturel et de l'uranium de retraitement. L'enrichissement maximal sera de 6% (5% à Eurodif).Une des originalités de ce procédé est qu'on ne répare ni ne remplace une centrifugeuse en panne : on la met hors service et on la fait contourner par les flux de gaz UF6.

Un film sur le procédé et le chantier a conclu la présentation, avant l'échange final avec la salle.

Les diapositives d'AREVA sur ce sujet (format pdf) :    Ici

 

9 avril 2008                                 L'EPARGNE EQUITABLE ET ENVIRONNEMENTALE :

                                                                  COMMENT EPARGNER AUTREMENT ?

                                 30 participants

 

Animée par M. Jean-Louis BÉZERT, conseiller financier spécialisé en investissements socialement responsables (ISR) et dédiés au développement durable (http://epargne.equitable.over-blog.fr/)

 

"De nos jours, les gens mangent bio, recyclent leurs déchets, mais pour leur argent, ils ne font rien" : M. Bézert s'est appliqué à fournir à une assistance très réactive et intéressée tous les éléments d'information voulus pour corriger cette lacune :

 

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Epargne solidaire : livrets solidaires, micro-crédit, livret développement durable, et même le livret de caisse d'épargne, dont les fonds financent le logement social

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Capital-risque de proximité : clubs d'investissement (Cigales, Garrigue, Melies), FIP-FCPI, structures diverses (la Nef, Autonomie et solidarité, Habitat solidaire, SIFA, Caisse solidaire du Nord, SOFINEI, Phitrust

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Immobilier au service de la solidarité et de la planète : immeubles HQE (Haute qualité environnementale), EHPAD (personnes âgées), résidences étudiantes, éco-hameaux

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Finance alternative : fonds solidaires à vocation humanitaire, fonds "éthiques" sélectionnant les entreprises en fonction de leur cote RSE (responsabilité sociale et environnementale), fonds à thématique environnementale (énergies renouvelables, traitement des déchets, éco-emballages, préservation des ressources naturelles...)

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Solutions diverses : tontine, plans d'épargne d'entreprises sélectionnées, contrats d'assurance-vie solidaires (Skandia équité)

 

Des référentiels apportent un minimum de garanties : études d'Alternatives économiques, label Finansol, Novéthic, CIES, Eurosif. En pratique, on peut s'adresser aux intermédiaires financiers habituels, le cadre fiscal et administratif n'étant pas différent de celui des autres placements; cependant, on y trouve beaucoup de produits-marketing déguisés en vert (ex : AGF Valeurs durables)! Les acteurs spécialisés sont plus fiables : la Nef, Crédit Coop, certaines mutuelles professionnelles, certaines associations (CCFD), promoteurs et agents immobiliers faisant de la HQE,... et votre conseiller financier indépendant !

 

M. Bézert s'est ensuite étendu sur l'optimisation fiscale et de nombreux exemples pratiques, avec leurs performances, avant l'échange final avec la salle.

Les diapositives de cette conférence (format pdf) :    Ici

 

19 mars 2008                                       LE PÔLE TRIMATEC : OÙ EN EST-ON ?

                                 38 participants

 

Animée par M. Gilbert DALVERNY, président de TRIMATEC (www.pole-trimatec.fr)

 

Porté par AREVA et le CEA, TRIMATEC a été labellisé en juillet 2005 comme l’un des 71 pôles de compétitivité français. Il a pour objectif de faire émerger des projets innovants reposant principalement sur des technologies développées par l’industrie nucléaire mais trouvant des applications aussi hors du champ nucléaire. Il se déploie dans 5 départements (Ardèche, Drôme, Gard, Hérault, Vaucluse) de 3 régions.

TRIMATEC s’inscrit particulièrement dans le développement des technologies propres et innovantes (« Clean Tech ») au service de l'industrie. Une centaine de  membres (60 entreprises, 10 centres de recherche, de formation, grandes écoles et universités, etc.) en sont partenaires.

Les « Clean Tech » sont les technologies qui associent performance environnementale et performance économique. TRIMATEC est impliqué dans 7 de ces technologies sur 10 possibles (agriculture et nutrition; qualité de l'air; génie des procédés; énergie : production, stockage d’énergies propres, efficacité énergétique et bâtiment; matériaux et nanotechnologies; traitement et valorisation des déchets; purification et gestion de l'eau).

Le pôle fonctionne comme promoteur et animateur de projets, avec un coup de pouce financier : en 2006-2007, 51 ont été labellisés et 34 sont en cours de réalisation. La filière chimie-matériaux est la mieux représentée (37% des projets). Quelques projets-phares : Debats (filtres à particules pour moteurs diesel sans régénération à 800°), NanoBoron (effluents de l'industrie des céramiques), Gammatec (irradiateur industriel et de recherche), amélioration des procédés d'électrolyse, composites biodégradables, fluides supercritiques, Institut de chimie séparative.

Le plan d'action 2008 développe cette orientation "Clean Tech" et veut développer les relations du pôle avec les autres acteurs du développement industriel et formateur aux plans local, régional et international.

Les diapositives de cette conférence (format pdf) :    Ici

 

20 février 2008                                 L'ENERGIE SOLAIRE PHOTOVOLTAÏQUE

                                 53 participants

 

Animée par M. Serge COMBOROURE, technicien-conseil EVASOL (distributeur exclusif TENESOL, www.evasol.fr)

A la description du principe de fonctionnement des cellules photovoltaïque, de leurs avantages et inconvénients, M. Comboroure a ajouté des précisions sur l'état du marché : la pénurie relative de silicium maintient des prix élevés, d'où un projet de fabrication de silicium dans les Bouches-du-Rhône. TENESOL fait partie du groupe EDF, les cellules sont fabriquées à Toulouse, mais pas le silicium, qui doit être importé.

Les inconvénients sont le coût initial, la baisse de rendement progressive par opacification du verre trempé et de la résine de protection, et baisse de la production d'électrons par le silicium (d'où plafonnement de la garantie à 25 ans), l'intermittence de la production (d'où la connexion au réseau ou le besoin de batteries importantes), un rendement actuellement limité entre 17 et 20%, le besoin d'un onduleur-transformateur pour passer du courant continu produit au 220 V alternatif du réseau.

Avantages : longue durée de vie (50 ans), pas de maintenance, pas d'émission de CO2 (hors fabrication), recyclage possible à terme.

L'Allemagne est leader mondial en m2 installés. Ce gros effort ne donne cependant que 3100 MWcrête (en fonctionnement maximal), soit la puissance de 3 réacteurs nucléaires (qui produiront même en absence de soleil). La capacité de production mondiale est de 7000 MWcrête par an.

Contraint par Bruxelles à augmenter la part des énergies renouvelables, l'Etat a mis en place 4 types d'aides aux particuliers : crédit d'impôt de 8000 € pour un couple, TVA à 5,5% sur les fournitures (sauf sur le bâti neuf !), subvention régionale (actuellement 2000 € en Languedoc-Roussillon) et surtout tarif de revente du courant à EDF de 0,57 € le kWh (à ce jour; c'est indexé) soit plus de 5 fois le tarif de base (à condition d'intégrer les panneaux à la toiture, en remplaçant les tuiles existantes). Ce qui fait de l'installation de 15 m2 de capteurs, coûtant environ 20000 € avant aides, une excellente affaire financière d'un rendement de 15 % l'an !

Les retombées écologiques sont certainement discutables : la réduction des émissions de CO2, qui ne compense celles dues à la fabrication du silicium qu'au bout de 3 à 10 ans , n'est pas assurée en France car elle se substitue le plus souvent à une production déjà non carbonée, mais l'intérêt financier pour le particulier est indéniable.

M. Comboroure a développé un cas concret courant, et répondu aux nombreuses questions pratiques d'une salle très participante.

 

16 janvier 2008                                 LE TGV EN 2007 : 575 km/h, RECORD DU MONDE

                                 43 participants

 

Animée par M. Francis AMANS, ingénieur général honoraire de la SNCF

Ce type de record présente un intérêt commercial (le TGV Coréen a été commandé dans la foulée d'un record) et technique (étude de centaines de paramètres concernant la voie, les véhicules, la captation de courant...). Les coûts ont été partagés entre SNCF et ALSTOM.

M. Amans a illustré sa présentation de 2 films, montrant le record lui-même et les adaptations qui ont été nécessaires pour y parvenir : augmentation du diamètre des roues, un seul pantographe, des moteurs supplémentaire type AGV sur les boggies, alimentation portée de 25 kV à 31 kV, caténaire tendue à 4 t au lieu de 2 t... A la vitesse du record, un arrêt normal demande 24 km, un arrêt d'urgence 15 km !

La limite à ne pas dépasser, à cause de la caténaire, était de 610 km/h, sur la ligne neuve du TGV Est (portion à rayon de courbure de 15 km minimum, au lieu de 7 km sur Paris-Lyon, dévers augmenté de 13 cm dans les courbes). On a pris le risque de tenter le record en direct devant les médias et clients, sans répétition !

Les futures vitesses commerciales seront de 330 km/h, le problème des tunnels étant le plus contraignant (puits de décompression, un tube par voie pour éviter les croisements).